Tu m'en diras tant…

Libération | humaine | animale | politique | sociale

Month: novembre, 2010

Sur les bancs de l’UQÀM

En marketing, il y a ce qu’on appelle des “street teams”, des équipes de rues. Ces unités, composées d’une ou plusieurs personnes, doivent enquérir les lieux publics et répandre leur produit. Dans ce cas-ci, on a affaire à un faux billet pour le Fuzzy de Brossard, un bar. Ces invitations étaient sur chaque bureau à l’UQÀM mercredi dernier.

Recto : “Fuck ton ex et Québec Érotique présente (sic) Sex, Funk & Rock N’ Roll (sic)
Verso : “Une grand première réunissant Fuck ton ex & Québec Érotique. Les célibataires passent à l’acte.”
Le tout sponsarisé par LifeStyles, la marque de condoms. En matière de pub douteuse, de marchandisation du sexe et de séduction mauvais goût, on ne fait guère mieux. Notez aussi les deux fautes : il aurait fallu accorder “présente” à la 3e personne du pluriel et il faut deux apostrophes dans Rock ‘N’ Roll.

Recto du billet

Verso du billet

À vélo l’hiver : Es-tu tombé sur la tête?

 

Ben, no hands track stance, 2008.

Tout le monde se souvient de ce désormais célèbre slogan d’une campagne lancée par la SAAQ pour le port du casque à vélo. Bon, je ne ferai pas une campagne sur le même sujet, quoi que si vous n’en portez pas un, sachez que vous contribuez à ce qu’on appelle le processus de sélection naturelle. En fait, cet article porte plutôt sur un nouveau “sport urbain extrême” qui consiste à rouler à vélo, en ce, 365 jours par année. Oui oui, donc durant les froides pluies de novembre, les tempêtes de janvier et la slush de mars.

Messager à vélo à Montréal

J’ai fait ma première expérience de vélo hivernal l’an dernier, et je dois dire que j’ai été fort satisfaite. En plus d’échapper à la variation de température du métro, aux autobus bondées et aux trottoirs mal entretenus, je me suis tenue en forme. C’est aussi un geste positif pour l’environnement que d’utiliser son vélo au maximum, même pendant les mois froids. Ça devient aussi une sorte de bataille mentale, de défi constant et aussi une source de planification intense : comment prendre le chemin le plus court, minimiser les distances entres les courses à faire, se lever un samedi à -30°C et se dire qu’il faudra quand même enfourcher le cheval d’acier pour reprendre une expression chère à mon paternel. De plus, faire du vélo l’hiver permet de reprendre contact avec la nature pour m’exprimer ainsi. Lorsqu’on passe de l’appartement au métro au boulot à la maison, ou une variante avec la voiture, il devient facile d’oublier un peu le climat dans lequel on vit, d’hermiter, de se déconnecter. Rien de tout cela avec une aventure hivernale sur deux roues : vent glacial, rues enneigées, automobilistes zêlés. Bref, le tout constitue un mélange intéressant qui provoque des montées d’adrénaline à coup sûr!

 

La Coupe des glaces, 2009

Il faut bien s’habiller, c’est certain, mais avec une bonne dose de courage (d’insouciance?), c’est vraiment faisable. Dites-vous qu’il y a des gars et des filles qui sont messagers à vélo, et ce pendant toute l’année. Il y a même des courses de vélo l’hiver, sur surface enneigée ou glacée.

Déjà on a droit aux températures négatives dans la métropole. Viendra ensuite la neige “mouillée”, celle qui tourne en pluie et qui ne dérange pas trop. Et ensuite, le vrai fun commencera avec la première tempête de neige, le bord des rues complètement enneigées, les automobilistes sans tête (pas tous, mais certains) et la glace noire. Je vous promets de vous raconter mes aventures…

En terminant, une liste d’articles essentiels pour rouler l’hiver:

  • Un vélo qu’on est prêt à sacrifier, idéalement transformé en single speed (vitesse unique), fixed gear (pignon fixe) ou coast break (rétropédalage)
  • Des gardes-boue
  • Des lumières (rouge à l’arrière, blanc à l’avant)
  • Des chambres à air de rechange, on évite de patcher nos tubes à -15°C!
  • Des bas en néoprène, des bas chauds, des couvre-chaussures imperméables ou de bonnes bottes
  • Des combines, des collants de vélo pour l’hiver, des cuissards, des pantalons imperméables
  • Pour le haut, une bonne coquille (matériel imperméable et respirant) et plusieurs couches en dessous
  • Des gants / mitaines chauds et imperméables
  • Des lunettes de ski ou un truc similaire
  • Un balaclava, plusieurs foulards, une mince tuque à porter sous le casque
  • Une bonne dose de courage et un amour pour le vélo!

Un cycliste bien équipé

Le sexisme et le spécisme (1)

J’ai beau écrire, les commentaires se font rares. Peut-être que je devrais me mettre à lancer des propos racistes ou ultra capitalistes. Pire, communistes. Ça ferait peut-être réagir. Enfin, voici un article qui j’espère suscitera un peu plus d’émotions et de réactions. Que vous l’écriviez ou non, je m’en fous à la limite. Je vous demande simplement de considérer les effets de la consommation de produits laitiers à la lumière de cet article, qui, j’espère, est à la fois succinct et clair.

* * * * *

Ceci est le premier d’une série d’article dans lequel je veux aborder et analyser les liens entre le sexisme et le spécisme. Bien qu’il s’agisse d’un sujet délicat, je me considère relativement en bonne position pour en traiter, étant moi-même une femme. D’abord, il convient de définir les termes sexisme et spécisme.

Sexisme : Le sexisme ordinaire, ce sont des stéréotypes et des représentations collectives qui se traduisent par des mots, des gestes, des comportements ou des actes qui excluent, marginalisent ou infériorisent les femmes. Le sexisme ordinaire s’accroche indubitablement à la notion de genre, en tant qu’élément constitutif de rapports sociaux fondés sur des différences perçues entre les sexes et manière de signifier des rapports de pouvoir. (Pierre Bourdieu, La Domination masculine, Paris, Seuil, 1998, via ce site web)

Spécisme : Le spécisme est à l’espèce ce que le racisme et le sexisme sont respectivement à la race et au sexe : la volonté de ne pas prendre en compte (ou de moins prendre en compte) les intérêts de certains au bénéfice d’autres, en prétextant des différences réelles ou imaginaires mais toujours dépourvues de lien logique avec ce qu’elles sont censées justifier. En pratique, le spécisme est l’idéologie qui justifie et impose l’exploitation et l’utilisation des animaux par les humains de manières qui ne seraient pas acceptées si les victimes étaient humaines. (Antoine Comiti, en ligne)

Et je suis tombée récemment sur ce t-shirt vendu sur VeganThis et je me suis dit que c’était une bonne inspiration pour écrire quelque chose sur le sujet. Au delà du design frappant, je me suggère de reprendre les affirmations qui apparaissent à droite.

1. Le viol des vaches

Il est facile d’éluder la manière dont les vaches sont inséminées en ne les considérant comme des animaux. Toutefois, une approche anti spéciste nous oblige à regarder le comportement envers toute créature vivante pour ce qu’il est, et non pas du fait qu’il soit ou non perpétré à l’égard d’un individu de notre propre espèce. Donc, de quelle manière sont inséminées les vaches aujourd’hui? Certes, on aimerait bien penser que tout cela est le fruit de la nature, et que le tout est naturel. Toutefois, vous voyez à droite ce à quoi ressemble aujourd’hui l’insémination. Il y aussi la technique par le bras. M’enfin. Dans tous les cas, ces vaches sont emprisonnées d’une manière ou d’une autre, ne sont aucunement consensuelles à ce qui se produit. Évidemment, il est essentiel que les vaches donnent régulièrement naissance afin de produire du lait, ce qui est l’objectif premier de l’industrie laitière. Le lien entre le sexisme et le spécisme se situe ici dans le fait que, tant pour les vaches que pour les femmes, il est considéré du moins acceptable de forcer des relations non consensuelles, ce qui s’appelle communément agression sexuelle. On parlera de viol dans le cas où il y a pénétration. Si vous considérez qu’il est inacceptable d’agresser des femmes, des humains, pourquoi cela serait-il alors acceptable pour une autre espèce, autrement que sur la base du spécisme?

En passant, le lait certifié biologique peut être produit par des vaches ayant été inséminées artificiellement, et ce aussi au Québec. La preuve à la page 11 de ce document.

2. Le kidnapping des veaux

Rassurez-vous je ne tenterai pas de vous faire crois que les veaux sont kidnappés dans le genre cagoule noire et auto aux vitres teintées. En fait, les veaux sont enlevés de leur mère et placé dans des cages séparées. La grande majorité du veau consommé provient de veaux mâles. Ces derniers sont en fait bien inutiles à l’industrie laitière. Ils sont donc confinés dans de petits espèces; on restreint leurs mouvements et leur sert une diète déficiente en fer ce qui permet de produire une viande tendre. Où est ici le lien entre le sexisme et le spécisme? On considère ici clairement tous les veaux de sexe masculin comme étant de valeur inférieure aux femelles, qui elles produiront du lait pendant quelques années. On coupe le lien familial entre les nouveaux-nés et leur mère. Accepteriez-vous que l’on vous enlève votre enfant à sa naissance pour qu’il devienne un esclave sexuel? Évidemment pas! Par contre, lorsqu’il est question d’une autre espèce, il devient facile d’oublier la nécessité de ce lien maternel pour le nouveau-né. Il est cependant évident que rien dans ce traitement n’est équitable ni éthique et que le tout relève du spécisme.

3. L’abattage de créatures vivantes

Il est tentant de croire que les vaches laitières sont heureuses, mangent du foin à longueur de journée et meurent de vieillesse. Toutefois, il ne faut pas se laisser aveugler si facilement. On ne peut ignorer le fait que l’espérance de vie normale d’une vache est d’environ 20 ans, alors qu’une vache laitière meurt après environ 4 ans (source : Earthlings). À ce rythme, il faut donc considérer que la consommation de lait provenant de l’industrie laitière participe à tuer nombres d’animaux. Le sexisme réside ici dans le fait que les vaches, par leur fonction de productrices de lait, en viennent à souffrir sur une plus longue période, à être prisonnières de leur cage  plus longtemps que leurs semblables de sexe masculin qui ont la “chance” de mourir peu après leur naissance (entre 18 et 25 semaines, source). Cela est fondamentalement lié au fait que leurs organes, leur composition physique leur permet d’être d’une certaine utilité à l’industrie.

La suite à venir…

Interview avec Robert de Realicide (en)

“Basically we are just punks who are bored by rock bands much of the time.” – Robert Inhuman

Voici un interview que j’ai fait il y a un petit bout de temps avec Robert de Realicide. C’est en anglais, et je doute avoir le goût/temps/compétences pour traduire le tout. Comme c’était ma première tentative d’interview, le début est un peu ordinaire, mais les choses deviennent  plus intéressantes, à mon humble avis, un peu plus loin. L’interview a été réalisé via courriel en juin dernier. Oh, et voici le lien pour le MySpace du groupe et pour le site web, où vous pouvez entre autre télécharger les paroles et les essais du groupe. Merci à Stephen pour la révision linguistique de ma partie.

Realicide’s Manifesto :
“Realicide, the collective band and publications label, is our assertion of contemporary punk media, bridging aesthetic diversity through the idea that punk is an experimental and malleable life philosophy, not limited by precedent or degrees of popularity. Beyond art and more than hypothetical, Realicide is strength for change in one’s own life. It is the ability to destroy a reality of abuse and slavery, in favor of seeking alternatives built upon respect and compassion. When fear is the norm, love is radical.”

* * * * *

I don’t like to introduce people, so I’ll let you do the work. Who are you, or who would you like to be known as?
Robert: I’m Robert Inhuman, from Cincinnati in the midwest US but have been all over America and a few other places quite a lot over the years. During all this I’ve been the organizer of a band and publications imprint called Realicide, which has been both socio-political and autobiographical for everyone involved, most commonly using the medium of noisy hardcore punk and electronics.

Realicide’s music is described as “nomadic socio-political gabber punk”. What does all this mean and how did you develop this style?
Robert: For a long time it meant we were moving a lot, living temporarily in various cities and on tour for long periods. It’s socio-political cos with an interest in Anarchism. We don’t bother much with the left versus right of politics, but we are definitely interested in how people interact with eachother and whose rules they are abiding by in doing so. It’s gabber, often at least, because this is the hard electronic parallel to punk rock; very abrasive and energetic. Basically we are just punks who are bored by rock bands much of the time.

You also often use the expression “contemporary hardcore” when referring to the type of music Realicide plays. Do you feel hardcore music in general has been stagnating for a while now? How do you think Realicide is bringing something new to hardcore?
Robert: All music stagnates when it becomes an established and popular formula, especially once the element of cultural struggle is neutralized and it is both easy and accepted to do things a certain way – in composition, delivery, affiliated aesthetic. I don’t really think we are doing any one thing new at all, but maybe just combining things we like from previous music in a way we always hoped to see. I think in Realicide’s case we attempt to take influence from Berlin’s digital hardcore aesthetic from the 90′s, but with the social content more like early Anarcho-punk bands like Crass or Conflict, the manic quality of Japanese speedcore and punk, and a lot of other things that we like for their content or just their sound. I’m into seeing something cool and helping it continue, but this always seems more legitimate when not rigidly bound to technical traditions. So it’s the idea “punk’s not dead” but the punk of 2010 is NOT the punk of 1977, and we’re really happy about that.

So, would you say you fit more into the electronic or hardcore punk scene? Or do you just feel like an outsider from both? Is this uncommon identity sometimes hard to manage for a band?
Robert: Yeah people are most comfortable with bands that fit into one exact genre so they can tell their friends they like that kind of music; appealingly simple and not much critical consideration required. But we’re a group founded on an anti-xenophobic agenda; wanting to bridge things and not be limited to one kind of person coming to our shows or wanting to be friends. We saw too many fans of grindcore and disgusting types of breakcore flocking to the group and label, so we started actually trying to not scream as much, take out some of the blastbeats, and write a lot of essays to shed more light on the intentions of each song. I think by now we have equal affiliation with hardcore punk and electronic, on tour and in who picks up our materials, but we also have affiliation still with pockets of the noise community and the more adventurous avenues of hiphop.

Would you say that your decision to be Straight Edge was linked to your experience in the electronic scene? How do you feel about the state of Straight Edge today?
Robert: No, my decision to adopt the term “straight edge” was ironically a reactionary choice from encounters with all kinds of people. For years people would offer me alcohol, or anything else, and I’d say “hey thanks but nah not for me”. So many times people would take a polite refusal as an insult or even a threat, and they’d aggressively say “ha what are you straight edge or something?” to which I’d try to calm things down by saying “no I just don’t want it, it’s no problem”. But in most of these situations, refusing casual use IS seen as a problem – it’s seen as someone drawing a line in the sand and giving the finger to whoever is on the other side getting wasted. This unwanted element of conflict and social tension happened so many times that eventually I just buckled and said “ok yeah I’ve got fucking straight edge”. I thought that if my casual abstinence from smoking and drinking was something that made people feel ashamed of what they were doing to themselves and nervous, assuming I was judging them, then maybe the culture of drugs and alcohol was just complete bullshit after all. Why should the common ground that let’s strangers hang out and talk be something that is used to blur their experiences? If somebody is embarrassed to be drunk around someone who is not, then maybe it’s a sign they should try to give it a rest. Most of my good friends use substances, but they don’t spend their time talking about it and they aren’t suspicious or hostile with someone who wants to remain sober. All in all, I don’t smoke or drink because I have never enjoyed those things physically or socially, but I am “straight edge” out of a rebellious nature, and as a propagandic counterexample to the misconception that you’ve got to be high to do something exciting or feel excited. I’m straight edge because I want life raw.

In many songs, you talk about compassion and self-sacrifice. These are pretty complex concepts and heavy principles to live by. How do you actively pursue them in your everyday life?
Robert: A key thing for me is whenever I am angry with someone, whether it’s a friend who didn’t meet me on time or a stranger who violently robs me, I try to figure out what is the aspect of them angering me and I can see a bit of it in myself. I see that I’m no more perfect than an enemy really, and this offers a moment of common ground in which they can be seen as a potential friend instead. This can be challenging when things are bad, but it is something I have tried to do since I was very young. Forgiveness does not equate a compromise of values or ethics, it can just be the strength to cast off a hate brought about by the delusion that some of us are better than others. As for self-sacrifice, that is about giving something of yourself up, but again not supposed to be an ethical weakness at all. Willfully serving others, especially the humbling act of serving someone who has no capacity to benefit you equally in service or payment, is the ultimate confirmation that you are not an authority to anyone but yourself, and that you are not some superior creature with the right to go through life taking and not offering anything. This action against narcissism, I believe, is the type of action necessary in resisting the viral habits of humanity on our planet. If we could focus on giving and nurturing rather than continuously reaping, maybe things could be very different overall. This willful giving is completely different from conventional employment or slavery. It is the act of exercising authority over one’s own life to benefit other lives. I guess I haven’t given any solid examples of this in my real life, but maybe you see what I mean that it is an all-encompassing philosophy. It is a challenge every day because the world we’re generally in insists we fight for ourselves before serving our surrounding peers and habitat.

The phrase “The Choice Is Yours” is stamped all over the “Resisting The Viral Self” record. Why do you emphasize so much on it? Is this a direct way to encourage people to follow the straight edge / vegetarian path, or is it simply more your personal way of saying “Question Everything”?
Robert: Yeah and it is the title of our EP from a few months later too, in October 2009. “The Choice Is Yours” applies to absolutely everything. It is your choice to not drink alcohol or to abstain from eating flesh. It is someone else’s choice to do the opposite! It’s my choice to avoid conventional employment, in pursuit of a life sustained by my own creative projects with my friends. It is many of my friends’ choice to have legit jobs so they do not have to worry about money. Really “the choice is yours” is not an inherent command or suggestion to do anything. It is just a reminder that our lives are our own to shape into whatever we want. Nobody is forcing us to be anyone. There are a lot of averts and propaganda, but we have the choice to subscribe to these things or ignore them. The idea is that you can’t just blame (scapegoat) other people for the life you’ve got if you are unhappy with it. I’m not in favor of our government, but I’m not going to waste my time bitching about it instead of just trying to find ways around it and live a life the way I want. When there’s conflict, you face it accordingly, but otherwise you take the only thing in the world you can ever really own, Your Life, and make the most of it however you see fit. A statement for autonomy, action, responsibility, empowerment…

Apart from being the vocalist / graphic artist and doing all sorts of other things for Realicide, you also run Realicide Youth Records. Do you sometimes find it hard to manage all these different roles and be on tour at the same time?
Robert: It’s hard, but any kind of worthwhile life is pretty hard. You just have to follow through with what you’re interested in, want to see in the world, and feel conviction behind. It was hardest at times when I was homeless or on tour for months on end, but this year I set a goal to establish better balance in my life and though the work is still there is feels less difficult.

What’s coming up in the next couple of months for Realicide?
Robert: For summer we’re finishing the “To Live A Life Against Abuse” CD which has all our vinyl EP’s collected along with some new stuff, and Jim Swill’s new book “Caustic Nostalgia” which has been edited for many months now. After a few scattered gigs in the east US, we will fly to Europe for October / November and tour extensively. No plans yet after that; we have to wait and survive it all. Meanwhile, Birth tours Europe solo August / September, so we wish him luck.

Photo credits
1) 08/12/08 in Boston, MA by Bill T. Miller
2) 07/01/08 in Oakland, CA by Dalton
3) 2010 Realicide Euro Tour logo by Robert Inhuman

Qu’est-ce qu’un choix personnel?

L’idée de cet article m’est venu après de nombreuses discussions récentes (c’est relatif) sur des sujets divers et plutôt controversés. Une tactique populaire pour éviter un débat ou une confrontation d’idées semble être de lancer le classique “C’est un choix personnel”. Certes, je suis tout à fait pour le respect des libertés et des choix individuels comme dans la plus pure des idéologies droitistes, dans la mesure où ils sont réellement individuels. Ce que je veux tenter de faire ici, c’est démystifier le caractère personnel et donc inattaquable, immuable, indiscutable d’une décision.

Il convient d’abord de définir ce que l’on entend par choix individuel. À mon avis, et vous sentirez ici l’influence de la mise en pratique de la théorie du conséquentialisme, il faut évaluer une décision quant à son essence par son effet, ses conséquences et non pas par son origine. Cela veut dire, plus simplement, qu’il ne faut pas considérer une décision comme étant personnelle parce qu’elle a été prise par un seul individu, qu’il agisse ou non au nom d’un groupe. Par exemple, la décision prise par un ministre n’est pas personnelle, bien qu’elle puisse refléter ses préférences. Non plus n’est la décision d’un individu de fumer, même si cette décision n’est exécutée que par un seul individu. Il existe un troisième critère, trois souvent éludé, pour qualifier un choix de personnel. Il faut que le choix en question n’affecte qu’une seule personne et que cette personne touchée soit l’auteur à l’origine de cette décision. Il est important ici de noter le vocabulaire employé : ne touche qu’une seule personne et cette personne est l’auteur de cette décision. Si votre décision affecte l’environnement, la société, d’autres personnes ou d’autres êtres vivants, il ne convient alors pas de la qualifier de personnelle. Donc, pour qualifier un choix d’individuel, il faudra que vous seul l’avez fait, que vous soyez le seul à le mettre en oeuvre et que vous en subissiez seul les conséquences. Autrement, ne tentez pas de vous soustraire à un débat, un questionnement ou un face-à-face sur la base du caractère individuel de votre décision.

Cette définition plutôt stricte d’un choix personnel est certes restrictive et contraignante. Je crois toutefois qu’il est important de ne pas oublier volontairement certaines facettes de nos choix et de se justifier sous le couvercle fallacieux de leur caractère personnel et donc inattaquable et quasi saint. Par exemple, le choix d’un régime alimentaire n’est pas un choix personnel. Certes, la personne est la seule à choisir et à le mettre en oeuvre, mais ultimement, ce choix touche plusieurs personnes et créatures sensibles (mauvaise traduction de sentient beings, mais je ne peux trouver mieux). Il est facile de penser aux animaux tués et exploités, mais il faut aussi se rappeler des conditions de travail abrutissantes des travailleurs dans les abattoirs, des dépendances à la drogue et l’alcool que la plupart développent, du nombre élevé d’accidents et de suicides, etc. (1) Au même titre, un vote de grève n’est pas personnel, même si on est le seul à lever le bras. Il a des conséquences sur nos collègues, nos professeurs, mais aussi sur les générations futures. L’abstention de faire la grève, ou du moins de protester et de s’opposer, peut conforter le gouvernement dans certaines décisions discutables et questionnables. Refuser de se pencher sur les questions d’accessibilité scolaire, par peur de perdre notre session, de manquer un cours ou par haine des mouvements étudiants engagés n’est pas seulement une décision personnelle. Cela peut avoir des effets collatéraux beaucoup plus importants et sur plusieurs générations. Bref, il faut regarder les impacts de nos décisions à long terme et selon différents critères avant de les considérer d’individuels et donc, de tenter d’échapper à un examen moral, qu’il soit personnel ou extérieur, de ces choix.

Je ne veux pas créer ici une sorte de culpabilisation aux dimensions extraordinaires. En fait, la culpabilisation est inutile. Seule la prise de conscience qui pousse à un changement de comportement peut être efficace. Je veux surtout que l’on s’encourage à réfléchir à nos choix quotidiens et aux effets qu’ils entraînent, en prenant en compte dans l’équation d’autres variables que “ma satisfaction personnelle”. Je crois qu’il est aussi crucial de se questionner entre nous sur les choix faits et leurs conséquences. Lorsqu’une amie me questionne sur mes motivations et les impacts d’utiliser des termes sexistes (2), je lui en suis grandement reconnaissante. C’est une question de croissance personnelle et de volonté. On peut tous opter pour cette voie ou encore choisir de fermer les yeux. What are you doing with your life?


(1) À ce sujet, voir les chapitres 7, 8 et 9 de Fast Food Nation : The Dark Side of the All-American Meal par Eric Schlosser. En français : Le Pays de la restauration rapide : le côté obscur d’un repas bien américain.
(2) Article à venir à propos des liens entre le sexisme et le spécisme. Je vous promets que ça va vous jeter en bas de votre chaise.

Mais si! Mes amis et mise à jour.

Vous avez remarqué (ou le remarquez maintenant!) quelques changements dans l’interface du blogue. D’abord à droite, la possibilité de vous inscrire par courriel pour obtenir les mises à jour dans votre boîte aux lettres. J’ai aussi changé la police du blogue, ce qui fut une entreprise plutôt ardue ma foi. M’enfin, j’ai réussi, vous pouvez admirer la simplicité désormais.

J’ai aussi ajouté une colonne “Friends” à droite. Pourquoi le titre anglais? Si j’écris “Amis” comme titre, cette section de liens se retrouve avant “À lire”, ce que je tente d’éviter. Voilà pourquoi j’ai foutu le titre anglais. Bon. Si vous voulez paraître dans cette liste, faites signe. Alors, qui sont ces mystérieux amis…

  • D’abord Fabrice Gaétan, photographe professionnel. Si vous avez besoin d’un coup de pouce pour un projet photo, faites confiance à cet homme qualifié. @Fabrice_Gaetan
  • Ensuite, Fullbag Skates. C’est une compagnie de longboards de Québec. Mig et cie font partie de la scène depuis longtemps et y travaillent très fort. On retrouve entre autre sur l’équipe Fullbag des riders Louis Ricard et Patrick Switzer. Acheter localement, c’est cool.
  • Jean-Félix Chénier, c’était jadis mon prof de sc. politiques au cégep. Il tient son “blogue du voisin” à propos de la politique, fort intéressant. Il est dans la section “À lire”, mais comme je viens de l’ajouter, je me suis dit qu’un peu de publicité ne ferait pas de mal. Mettez ce lien dans vos favoris pour une dose quotidienne de gros bon sens.
  • Il y a aussi un lien vers le blog de Maxim Garant-Rousseau, aussi connu sous les initiales MGR. Ce sympathique rouli-planchiste a plus d’un tour dans son sac et en connaît un brin sur les médias sociaux. @MaximGarant
  • Olivier Lefebvre, un autre planchiste et surtout un artiste impressionnant. Pensez sculpture, soudure, peinture, graffiti.
  • Un autre photographe, étudiant cette fois. Olivier Séguin-Leduc qui documente visuellement fort bien la scène de longboard montréalaise et qui s’améliore de jour en jour. De la bonne relève! @OlivierSeguinL
  • Realicide, un groupe de digital hardcore/punk/breakcore de Cincinnati, OH. J’ai rencontré ces gars lors du Salon du livre anarchiste de Montréal en mai dernier et depuis, c’est l’amour entre nous tous. Malheureusement le groupe s’est récemment séparé, mais je vous invite tout de même à consulter leur site web et surtout, à lire leur matériel. Ils ont quelque chose à dire.
  • Spirit of Rebellion, c’est le blogue de mon pote Sean. Un mélange de bouddhisme, de lucidité, d’humilité, de philosophie (avec une maîtrise dans le domaine…) et de rébellion. Bref, de la très bonne lecture. @Dharma_Sean
  • The Cycle Bird, c’est la compagnie que fait rouler mon coloc. Suivez son blogue qui est particulièrement intéressant. Vous pouvez aussi l’écouter tous les mardis et jeudis matins à CKUT pour le Bike Report. Les histoires de courrier à vélo, c’est toujours divertissant et impressionnant. @TheCycleBird

La souveraineté du Québec et l’environnement

Voici un article qui sera publié sous peu dans Le volontaire, un journal indépendantiste. Le paragraphe qui précède est une introduction qui paraîtra aussi et qui explique la raison pour laquelle j’ai décidé de publier mon texte sur le web, dans le Volontaire, etc.  Suivez la saga contre le Bloc Québécois qui refuse de publier gratuitement les textes écrits…

* * *

En mai dernier avait lieu le lancement du livre “Souveraineté : Nouvelle Génération”, contenant les textes de 20 jeunes souverainistes. Les textes ont été choisis parmi les soumissions reçues dans le cadre d’un concours organisé par le Forum jeunesse du Bloc Québécois. Ce recueil contient du matériel varié, articulé et original qui pourrait sans aucun doute attirer l’intérêt de différentes démographies. Malgré le potentiel extraordinaire de cet ouvrage, l’idée de publier les textes dans un média accessible et gratuit a été rejetée, en rappelant que le recueil est “à vendre”. Je refuse que mon effort littéraire,pour la libération du Québec, si humble soit-il, soit soumis à une logique capitaliste par laquelle seul un nombre limité d’individus, assez fortunés pour acquérir le recueil en question, peut y avoir accès. Il est contreproductif pour le mouvement souverainiste de limiter l’accès à l’argumentaire indépendantiste en subjuguant celui-ci au carcan économique de notre temps. Je choisis donc de publier ici gratuitement mon texte.

Quoi qu’on aime en dire dans certains cercles, l’idée de l’indépendance du Québec n’est pas morte. On peut bien s’efforcer de nous faire croire qu’il s’agit d’une idée révolue que l’on devrait reléguer aux oubliettes pour le bien de « notre » pays, reste que le projet indépendantiste est toujours aussi d’actualité. Une nouvelle génération gagne peu à peu le droit de vote et un autre argumentaire en faveur de la libération politique du Québec se développe. Alors que nous entrons dans une période charnière pour le maintien d’un environnement relativement sain, il appert essentiel de chercher à comprendre en quoi l’indépendance québécoise peut servir le nouveau défi environnemental mondial.

L’idée de se séparer dans le but de faire face à une situation globalement inquiétante semblera sans doute contradictoire et même insensée au terme d’une analyse incomplète de la situation. Apparaît donc toute l’importance de saisir pourquoi la nation québécoise, par son caractère distinctif, nécessite la pleine possession de ses moyens politiques (ce qui n’est atteignable que par l’indépendance, on en conviendra) afin d’être en mesure de jouer pleinement son rôle, alors que la scène internationale est en majeure partie déjà arrêtée sur le sujet environnemental.

Le Québec est une nation. Point. Point. (Je me répète, pour donner le temps à certains de déglutir cette affirmation.) Il s’agit d’un simple fait qui est même reconnu par le gouvernement fédéral canadien. Je pourrais certainement m’étendre en longueur ici sur les raisons qui font du Québec une nation1, mais cela ne servirait que piètrement mon propos et le sujet a déjà été largement couvert par nombre de gens. En considérant le Québec et le Canada comme des entités nationales séparées, un glissement, pour ne pas dire une cassure, apparaît rapidement dans la perception et la compréhension du concept d’environnement, ou plutôt de la protection de l’environnement pour être exacte.

Je ne tenterai pas ici de convaincre qui que ce soit de la sainteté absolue du Québec en matière environnementale, ce qui serait à la fois inutile et intellectuellement malhonnête. Certains argumenteront sans doute que la côte ouest canadienne est au moins aussi verte que le Québec, que Greenpeace y est né et qu’on n’a pas de leçon à donner avec notre chasse aux phoques. Il n’en demeure pas moins qu’il existe une franche distinction dans la manière dont le Québec et le ROC gèrent les « dossiers » environnementaux, et cela ne peut être qu’une réflexion de la perception du sujet par la populace. Avec un recul historique (mince, je l’accorde), une tendance significative semble se dessiner : alors que le Québec cherche de plus en plus à s’aligner sur les positions plus progressistes de l’Europe, le gouvernement fédéral maintient une ligne qui, autrefois aurait-on dit, s’inspire de celle des Américains. Mais même cette explication ne suffit pas aujourd’hui pour définir et expliquer le retard politique canadien à ce sujet. Évidemment, plus le Canada se refuse à voir l’urgence de prendre des actions concrètes (entre autres – mais non limitées – à un engagement sérieux dans des processus de réduction de gaz à effets de serre assortis d’objectifs précis et contraignants de réduction), plus le Québec sent l’importance d’affirmer son propre désir de changement.

Face donc à cette tendance fédérale, laquelle transcende le parti au pouvoir, soit dit en passant, de minimiser l’importance de la question environnementale, l’indépendance du Québec devient rapidement nécessaire. Cela permettra à notre nation de jouer le rôle que l’on veut prendre et, je dirais même, que l’on doit prendre, dans le contexte actuel. Notre indépendance politique n’est pas seulement un atout, il s’agit d’un outil essentiel pour relever le défi environnemental.

Si le Québec souhaite avoir un véritable impact et jouer le rôle qui lui revient sur la scène internationale, il est primordial qu’il ait la pleine possession de ses moyens politiques. Cela ne peut évidemment être atteint que par l’indépendance. Les exemples où les positions québécoise et canadienne sur le sujet diffèrent pleuvent, mais les récents événements de Copenhague sont certainement un cas probant de l’urgence de faire entendre notre voix. Lors de cette importante conférence internationale, sans doute la plus importante de cette décennie concernant l’environnement, le message canadien était non seulement faible et rétrograde, mais était aux antipodes de la position et des revendications québécoises.

Il est évident que le Québec possède le potentiel humain, économique et politique pour jouer un rôle important dans la protection de l’environnement. Toutefois, son statut de province canadienne l’emprisonne dans un carcan politique et même philosophique qui éteint sa voix et l’empêche ultimement de poursuivre ses propres objectifs. Si l’on considère que l’engagement dans la lutte aux changements climatiques et à la protection de l’environnement profitent à la population mondiale; le projet souverainiste québécois se veut une manière d’atteindre une meilleure condition planétaire.

Ernest Renan écrivait en 1882 : « une nation est [...] une grande solidarité, constituée par le sentiment des sacrifices qu’on a faits et de ceux qu’on est disposé à faire encore.2 » Ces sacrifices ont été nombreux et diversifiés et ont cherché à atteindre différents objectifs à travers les siècles : l’indépendance face à la Grande-Bretagne, l’opposition envers la conscription, la protection du fait français, la conservation de notre culture, le contrôle de notre économie. Aujourd’hui, un défi beaucoup plus important se montre. Il est mondial, global, et les Québécois sont prêts à y faire face. Notre totale liberté est essentielle afin que l’on puisse mener cette bataille avec notre plein potentiel. Renan déclarait aussi que « une nation n’a jamais un véritable intérêt à s’annexer ou à retenir un pays malgré lui. 3» L’indépendance politique du Québec est donc non seulement cruciale, mais aussi parfaitement légitime.

1Certains parlent d’une « nation distincte ». Il m’apparaît évident que chaque nation possède évidemment un caractère distinct, sans quoi l’idée même d’une nation ne peut exister.

2Ernest Renan. Qu’est-ce qu’une nation? Calman Lévy : Paris, 1882, p. 27.

3Renan, op. cit. p. 28

La procrastination ou l’art de remettre à plus tard

Look at your life as it is right now and live it, right now.
-Brad Warner

Ça fait déjà au moins dix jours que je veux écrire sur ce sujet. Quelle ironie! La procrastination donc, ou l’art de remettre à demain ce que l’on peut faire aujourd’hui.

Ce mal afflige la société depuis longtemps déjà. Il semble toutefois que la société de loisirs dans laquelle nous évoluons aujourd’hui exacerbe ce phénomène. Chacun a sa raison prétendument valable de procrastiner, bien qu’il soit souvent ardu, pour ne pas dire impossible, d’en identifier la cause à un niveau personnel. Dans mon cas, et il m’aura fallu une certaine réflexion pour le réaliser, ma tendance à la procrastination est entretenue par l’adrénaline que cela procure. J’ai toujours recherché ce high par des méthodes plus ou moins efficaces et saines. Repousser jusqu’à la dernière minute un travail; faire ses bagages le jour même du départ ou laver la vaisselle au moment où les assiettes commencent à marcher toutes seules ne sont certes pas les habitudes de vie les plus saines. Tout cela entraîne effectivement une dose de stress inutile, malsain et parfois même contre productif. Mais bon, je ne crois pas être en position de faire la leçon à ce sujet-là, étant moi-même impliquée dans un tel comportement.

Au delà ce cette procrastination mineure, il existe une forme beaucoup plus lourde, à long terme. Ces deux types de procrastination ne sont pas nécessairement directement liés ou même proportionnels; l’une n’entraîne pas l’autre. Par procrastination lourde, je parle de la tendance marquée de certains individus à créer, inventer des excuses afin de justifier le surplace qu’ils font, et ce, selon leurs propres critères. Je parle de ce collègue qui radote depuis dix ans qu’il veut trouver un nouveau boulot et qui n’a rien fait pour y arriver. Ce phénomène de procrastination “à long terme” est beaucoup plus répandu et sournois que ce qu’on voudrait croire. Il est évidemment beaucoup plus facile de se laisser porter par la vague commune que d’aller à contre-courant et tracer son propre chemin. Toutefois, ultimement, seule une résistance obstinée et systématique à ce phénomène de procrastination lourde permet de réellement atteindre quelque chose. Nous avons tous des buts; arrêtons de s’inventer des histoires et commençons à y travailler.*

Je vous refile un de mes vidéos préférés. Il s’agit de Greg Bennick, qui parle justement du temps qui nous est alloué, et ce qu’on décide d’en faire. Regardez le une fois, deux fois, trois fois. À mon humble avis, il ne s’agit pas d’un truc absorbable en un seul visionnement. Et ne procrastinez pas, appuyer tout de suite sur play! Voilà donc, j’en appelle à la fin de la “remise à une autre vie” de ce qu’on veut. Le temps est limité. Pour reprendre une des questions posées à plusieurs reprises par Tim Barry lors de son concert : what are you doing with your life? What are you doing with your life?

The Cove – La baie de la honte (v.f.)

On me parlait de ce documentaire depuis longtemps. Je l’ai finalement écouté hier soir. C’est un documentaire qui raconte comment l’entraîneur de Flipper (la série américiane avec le dauphin mignon) s’en rendu au Japon afin de documenter et filmer une baie particulière. À cet endroit, Taji, 20 000 dauhpins sont tués par année. Regardez pour vous-mêmes, et rappelez-vous que ce que l’on fait aux phoques au Canada, ce n’est pas mieux. Passage savoureux où on explique que le ministère des pêches japonais dit aux citoyens que les dauphins mangent trop de poissons pour justifier la chasse aux dauphins. Tiens donc, n’est-ce pas le même argument que l’on sert au Canada? Rappelez-vous aussi que, dauphins ou vache ou poulet, tous ces animaux sont capables de ressentir de la douleur. Il ne peut y avoir de justification morale pour infliger de la douleur.

Voici la version originale, je n’ai pas réussi à trouver une version francophone en ligne. Allez le louer, ce sera un 5$ bien investi.

Bar, Barry, borring.

Quelle expérience sociologique que d’aller à un concert de Tim Barry, dans un bar dois-je ajouter. Je ne sais pas si c’est la sobriété, mais j’ai de plus en plus de difficulté à apprécier l’expérience dans un tel endroit. M’enfin. Tout me semble artificiel : la boésson, les gens, les rires trop forcés, la musique, les “artistes”. Pour vous mettre dans le bain, le show se déroulait aux Foufs, mecque montréalaise du punk/hc. La foule était surtout composée de pseudo-alternatifs-punks dans la fin vingtaine et la trentaine. Tatoos, chemise à carreaux et barbe (ou moustache) étaient de mise, pour ne pas dire de rigueur tellement tout le monde se ressemblait.

Enfin, arrive sur le stage Tim Barry, quarantaine amorcée, mais qui en a encore l’air de 35. Pas rasé depuis deux jours, la casquette sans nom bien enfoncée sur la tête, pantalons de travail, il ne se la joue pas rock star à la première impression. Les fans eux par contre, le traitaient comme tel. Un peu plus et je m’attendais à voir une fille le flahser. En fait, c’est peut-être arrivé, je ne serais pas surprise. Ses chansons touchent la peine d’amour (classique), l’amitié, le tout enveloppé d’une nonchalance quasi planifiée. Entre les morceaux, des questions populistes lancées au public qui répond invariablement “ouuuuuuuuu” sur le ton affirmé d’une ivrognerie passablement avancée. De l’abrutissement de foule à un niveau élémentaire. Cette foule qui définitivement ne comprenait pas le message d’humilité, de simplicité et d’auto dérision lancé. Parmi quelques questions posées, certaines auraient pu faire réfléchir pour vrai; on s’est contenté de lever sa bière (et le coude) pour la prochaine chanson. Malheureux.

Bon, il y a aussi la question du genre musical. Malgré la guitare acoustique et le set up minimaliste, il y avait une agressivité, une rage que l’absence de guitare distortionée ne pouvait enlever. On sentait le besoin de faire passer cette performance comme une catharsis; il m’apparaît alors que le genre folk n’est peut-être pas le plus approprié pour l’exercice. Bref, cette rage, cette colère, j’aurais aimé mieux la voir dans les paroles “criées” d’un groupe punk/hardcore plutôt que dans les accords d’un ex punk pseudo blasé qui ne veut pas laisser de côté cette scène (au sens large, pas dans le sens de stage).

Bref, il y avait un décalage qui rendait le tout peu agréable à mon avis. Je ne pense pas boycotter Tim Barry pour autant, il a certainement dit quelques trucs intelligents (et intelligibles) durant sa performance et je voudrais pas lui faire porter le fardeau d’un public déphasé. Mais bon, un autre vendredi soir, je ferai quelque chose de plus productif.

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