La procrastination ou l’art de remettre à plus tard

par M.

Look at your life as it is right now and live it, right now.
-Brad Warner

Ça fait déjà au moins dix jours que je veux écrire sur ce sujet. Quelle ironie! La procrastination donc, ou l’art de remettre à demain ce que l’on peut faire aujourd’hui.

Ce mal afflige la société depuis longtemps déjà. Il semble toutefois que la société de loisirs dans laquelle nous évoluons aujourd’hui exacerbe ce phénomène. Chacun a sa raison prétendument valable de procrastiner, bien qu’il soit souvent ardu, pour ne pas dire impossible, d’en identifier la cause à un niveau personnel. Dans mon cas, et il m’aura fallu une certaine réflexion pour le réaliser, ma tendance à la procrastination est entretenue par l’adrénaline que cela procure. J’ai toujours recherché ce high par des méthodes plus ou moins efficaces et saines. Repousser jusqu’à la dernière minute un travail; faire ses bagages le jour même du départ ou laver la vaisselle au moment où les assiettes commencent à marcher toutes seules ne sont certes pas les habitudes de vie les plus saines. Tout cela entraîne effectivement une dose de stress inutile, malsain et parfois même contre productif. Mais bon, je ne crois pas être en position de faire la leçon à ce sujet-là, étant moi-même impliquée dans un tel comportement.

Au delà ce cette procrastination mineure, il existe une forme beaucoup plus lourde, à long terme. Ces deux types de procrastination ne sont pas nécessairement directement liés ou même proportionnels; l’une n’entraîne pas l’autre. Par procrastination lourde, je parle de la tendance marquée de certains individus à créer, inventer des excuses afin de justifier le surplace qu’ils font, et ce, selon leurs propres critères. Je parle de ce collègue qui radote depuis dix ans qu’il veut trouver un nouveau boulot et qui n’a rien fait pour y arriver. Ce phénomène de procrastination "à long terme" est beaucoup plus répandu et sournois que ce qu’on voudrait croire. Il est évidemment beaucoup plus facile de se laisser porter par la vague commune que d’aller à contre-courant et tracer son propre chemin. Toutefois, ultimement, seule une résistance obstinée et systématique à ce phénomène de procrastination lourde permet de réellement atteindre quelque chose. Nous avons tous des buts; arrêtons de s’inventer des histoires et commençons à y travailler.*

Je vous refile un de mes vidéos préférés. Il s’agit de Greg Bennick, qui parle justement du temps qui nous est alloué, et ce qu’on décide d’en faire. Regardez le une fois, deux fois, trois fois. À mon humble avis, il ne s’agit pas d’un truc absorbable en un seul visionnement. Et ne procrastinez pas, appuyer tout de suite sur play! Voilà donc, j’en appelle à la fin de la "remise à une autre vie" de ce qu’on veut. Le temps est limité. Pour reprendre une des questions posées à plusieurs reprises par Tim Barry lors de son concert : what are you doing with your life? What are you doing with your life?