Tu m'en diras tant…

Libération | humaine | animale | politique | sociale

Month: février, 2011

Défi 31 jours sans sucre

C’est décidé, je me lance. Trente et un jour sans sucre. Ça commence demain. Plus de pépites au chocolat vegan. Pas de sucre blanc, jaune, brun, vert avec des picots orange. Pas de mélasse. Pas de Guru. Je débats toujours la question du sirop d’érable dans mes neurones. Je devrai aussi me tourner vers du lait de soya non sucré (ouach!). Qui sait, je vais peut-être me mettre à aimer le caroube tant qu’à y être. J’ai une dent (plus qu’une!) sucrée quelque chose de rare. Le sucre à la crème a longtemps été mon dessert favori. Cependant, je suis de plus en plus consciente des effets du sucre sur mon corps et réalise qu’il s’agit d’une forme de dépendance. Physique je ne sais pas, mais psychologique c’est sûr (dans mon cas). Semble-t-il qu’on peut quand même avoir des effets secondaires liés au sevrage du sucre : fatigue, maux de tête, irritabilité, somnolence et changements d’humeur.

La question qui brûle les lèvres : pourquoi? Parce que je trouve que je veux rendre ma vie encore plus plate, déjà que je ne bois pas et ne consomme pas de produits animaux. Tant qu’à être ennuyante, on va y aller jusqu’au bout. Bon, sérieusement, le but c’est de me lancer un défi personnel. Certains décident de partir en Afrique, d’autres de grimper l’Everest et pour d’autres c’est simplement d’aller chez le dentiste. Et bien, j’y vais d’un défi alimentaire sain. J’espère ainsi pouvoir diminuer ma “dépendance” au sucre. Peut-être que ce sera comme quand je suis devenue vegan : “je vais essayer pour une semaine et je verrai après.” Il est aussi possible que ce soit les pires jours de ma vie culinaire. Quoique j’en doute, c’était vraiment pas terrible en Afrique. J’ai déjà fait un 30 jours sans junk food (pas de frites, pas de thé glacé, pas de boissons énergisantes et pas de jujubes) et je me suis sevrée de l’alcool toute seule, je connais les cravings et la bataille mentale que j’engage. Je tiens à préciser que c’est un défi et non un régime Atkins déguisé ou une diète miracle pour perdre 50% de mon poids en deux semaines (tel que vu à la télé, wow!). Je considère ce défi comme une occasion d’observer plus attentivement ce que je mange et choisir de meilleurs aliments. Je ne suis pas mauvaise là-dessus (après plusieurs années de labeur), mais il y a toujours place à l’amélioration.

J’ai fait un premier test ce soir. Je suis pas trop du genre à tester d’avance les trucs que j’essaie. Je dois avouer que ce fût une expérience peu concluante. Le ketchup contient du sucre. Le maïs en crème aussi. La fausse viande aussi. Et le lait de soya. Je pense que je vais devenir une geek des ingrédients (je le suis déjà un peu) et allergique aux aliments préparés. Ce sont mes prédictions, on verra bien!

Donc j’ai quand même fait quelques recherches dans le cyber espace, question de savoir ce qu’on en dit de l’ennemi. Il y a une Montréalaise qui propose un défi clé-en-main, avec des conférences, un groupe de soutien et bien de la motivation. Le tout pour 95$. Non merci, je vais repasser, un peu trop Plateau à mon goût. Le meilleur carnet de bord d’un tel défi est sans doute celui tenu sur Soya & Chocolat, en autres parce que l’auteure est aussi vegan. Plusieurs observations intéressantes sur le plaisir de manger versus l’importance d’avoir conscience de ce que l’on mange.

Restez branchés pour le prochain épisode dans lequel je vous parlerai probablement de rage de sucre et d’assiettes cassées. À suivre…

Du mutisme inquiétant en classe

(Écrit la semaine dernière.)

Lundi matin, 9h30. Encore excités d’une fin de semaine bien remplie et fatigués d’un sommeil trop court, soixante étudiants traversent la porte et s’assoient docilement. Pas un mot, pas de main levée, seulement des profils Facebook qui s’affichent ici et là, chacun à la recherche des photos du party. S’en est à se demander si tous ces cerveaux ne sont pas endormis ou paralysés soit par le froid, le syndrome du lundi matin, la matière insipide enseignée, les réseaux sociaux ou toutes ces réponses.

De plus en plus, je remarque une pensée unique inquiétante dans les classes. Pensée parfois exprimée, mais plus souvent qu’autrement sous-entendue dans un silence lourd. Le fait de poser une question et de passer des observations est vu comment une atteinte au bon déroulement du cours ou de la transmission du savoire .Rarement est-ce perçu comme une occasion d’aller plus loin ou de creuser une question. Cet agacement est autant perceptible chez les professeurs que les étudiants. Il s’agit d’une culture de l’endoctrinement docile et du silence abrutissant qui n’augure rien de bon lorsque l’on considère qu’on forme là la prochaine génération d’avocats, juges, procureurs politiciens et autres décideurs. Je me dis que si j’étais dans un cours de sciences politiques (ce que j’aurais peut-être dû faire), ce serait tout le contraire. Du moins j’espère. C’est comme si en droit, on se contentait (trop) facilement de ce qui nous est dit, sans faire d’exercice de pensée critique ou de réflexion, aussi élémentaire soit-il.

Il y a de ces professeurs qui passent leur temps à dire que les tribunaux prennent des décisions basées exclusivement sur des principes de droit. Que les juges sont à l’abri de décisions stupides. C’est peut-être l’influence de Duncan Kennedy (voir mon article précédent), mais cette supposée pureté, c’est de la poudre aux yeux à mon humble avis. Je trouve particulier que l’on ne se questionne pas plus sur ce genre d’affirmation, surtout avec 15 ans et plus de pratique, et un auditoire vierge devant soi.

Un des exemples de ce mutisme calculé s’est manifesté dernièrement. Les journaux en parlent, les éditorialistes s’excitent la plume et on a droit à une performance spectaculaire de langue de bois de notre merveilleux gouvernement Charest. La grève des procureurs a duré deux semaines et aura paralysé le système judiciaire. Jamais a-t-on entendu parler de cette grève, dans aucun de mes cours, depuis le début! C’est comme s’il y avait des élections et qu’on n’en parlait pas dans les cours de sciences politiques, c’est inimaginable! Est-ce nous, étudiants en droit de première année, gravitons dans une sphère hermétique, ce qui nous empêcherait de comprendre, d’apprécier ou même de s’intéresser à cette question? Quand la totalité de mes professeurs pratiquent et qu’aucun ne juge utile de nous expliquer brièvement le conflit et les enjeux d’un point de vue interne, je trouve qu’on évacue une partie de notre formation qui ne devrait pas être seulement professionnelle, mais aussi sociale. Après tout, on ne pratiquera pas dans un milieu fermé, contrôlé et invariable, mais dans une société changeante qu’il faut comprendre et à laquelle on doit s’adapter.

Critique | Spectacle 10 ans de Bande à Part

Loco Locass

Hier soir c’était la Nuit blanche dans la métropole. Partout, les 13-73 ans s’en donnaient à coeur joie à célébrer la festivité montréalaise. Coin Ste-Catherine / St-Laurent, il y avait de l’action à en revendre. Fallait voir le guide de la Nuit blanche dans sa chienne rose, essayer de répondre aux 1001 questions des gens qui se demandent “c’est vers où St-Denis?”. Peu portée à ce genre de débauche collective abrutissante, je n’avais alors jamais assisté à une Nuit blanche. Reste que je ne pouvais résister à un spectacle gratuit pour célébrer les 10 ans de Bande à part, avec entre autres Loco Locass et un retour inattendu de Groovy Aardvark.

Je me suis pointée tôt, partiellement parce que j’avais peur de ne pas pouvoir entrer (même si c’est grand le Métropolis), mais surtout parce que j’étais si excitée de revoir le groupe rock/alternatif/hardcore de mon adolescence. En toute première partie, question de réchauffer la foule, Karma Atchykah donnait dans le funk/hip hop/soul bien senti. Avec deux bassistes, deux batteurs, deux choristes, ça déménageait dans la place. De l’énergie, poussée par des beats franchement accrocheurs, mais pas pour autant simplistes, ces choristes qui étaient définitivement le coeur du spectacle et la basse, groovy et funky à souhait. Bref, une excellente découverte, que j’aimerais bien revoir en partie “principale”. Mission accomplie pour cet artiste prometteur. Mention spéciale pour les paroles de la dernière chanson, alliant origine ethnique et nationalisme québécois sensé.

Le deuxième acte était assuré par Fred Fortin, le rocker du Lac St-Jean. Les trois premières chansons ont été enfilées de manière gourmande, sans un mot à la foule, après une introduction musicale quelque peu chaotique. Entre les paroles plus criées que chantées (on ne pourra pas dire qu’il n’y avait pas de passion), chaque pièce comprenait invariablement un interminable solo improvisé / jam. Bien que ce genre de formule puisse certainement satisfaire un public déjà conquis qui attend d’un acte live quelque chose de plus qu’une simble interprétation banale des chansons, je trouve qu’on s’éloignait dangereusement de la vibe de la foule. Le public, justement, était constitué de gens de divers goûts musicaux. À mon humble avis, dans ce contexte de variété, la formule “on jamme 5 minutes à toutes les chansons parce qu’on fait du rock” avait plus ou moins sa place. Je mentionne aussi la faible, pour ne pas dire inexistante interaction avec le public. Je ne sais pas si c’est l’habitude de voir des spectacles avec 50 spectateurs, mais je trouve que le fait de ne pas s’adresser au public, c’est à la limite du prétentieux, d’autant plus quand on se permet de sectiser sa musique avec des solos interminables. Enfin, peut-être que j’ai pas compris la patente. Mention spéciale à l’invité en noir (dont le nom m’échappe) dont les capacités semblaient fortement altérées par l’alcool. Aussi, mention aux calls digne d’une chanson hardcore lancés inutilement pendant le premier morceau.

Et voilà, arrivait la pièce de résistance de la soirée, un peu trop tôt dans la programmation à mon goût. Toujours est-il que la foule était assurément fébrile à l’idée de voir Groovy Aardvark remonter sur les planches après 7 ans d’absence. Dès les premières notes de basse de Vincent Peake (qui a coupé ses cheveux, mais pourquoi!?!), un moshpit commençait à se former et les bras levés brandissaient des bullhorns (que ce symbole meure svp!). Avec un enchaînement bien senti de pièces plus connues et d’autres réservées aux adeptes, Groovy était diantrement efficace, même après une absence de quelques années. Et il n’y a pas de doute : la foule suivait et se rappelait les paroles. On a même eu droit à la voix fantastique de Marc Vaillancourt (chanteur de BARF) qui est venu interpréter cette fameuse reprise du Petit bonheur de Félix Leclerc. Les cheveux au milieu du dos, le donut dans la face et le t-shirt noir au script douteux, on devinait facilement que ce gars-là est resté dans les années 1990. Reste qu’il était foutuement en forme, c’était la communion avec la foule. Mention spéciale pour avoir interprété la pièce Amphibiens et aussi au courageux cameraman au milieu du pit.

Venait ensuite le groupe We Are Wolves. L’âge de la foule à l’avant de la scène a subitement baissé de 10 ans, alors que le groupe, muni de ridicules affiches publicitaires géantes pour Sirius se produisaient sur scène. Peu impressionnée par la fourrure qu’ils portaient et leur propension à publiciser comme ça une radio satellite obscure, je me suis dit que j’allais quand même leur donner une chance. Le batteur qui joue debout, le clavièriste en complet et le chanteur/guitariste à la voix aigüe, tout était réuni pour assister à une renaissance pseudo électro/rock/hipster du fabuleux EP de The Nerves. Ce EP est sorti en 1976 et ma foi, je m’aurais volontiers passé de ce remake à la mode du 21e siècle. En passant, je suis une adepte de The Nerves, j’aime juste pas qu’on abuse de ce son power pop, surtout si c’est pour le travestir d’une telle façon. Enfin, des riffs accrocheurs, des paroles inaudibles, des problèmes techniques et des gars cute sur le stage: la foule 13-18 en redemandait, mais je suis restée sur mon appétit. Mention spéciale au fait de spécifier entre chaque morceau les importants problèmes techniques.

Et voilà, finalement Loco Locass allait se produire. Déjà avant le début de leur prestation, c’était cordé serré dans les quelques mètres à l’avant de la scène et ça jouait du coude pour se faire une place. J’ai spotté quelques 13-17 ans regarder fébrilement leur joint (pour 3) probablement difficilement acquis, en attente de la fameuse chanson Bonzaïon. Heureusement pour eux et leurs poumons déjà échaudés, le trio québécois coiffé de leur éternel bonnet néo-phrygien entamait leur 45 minutes de performance avec cette pièce. Ça sentait l’excitement et le printemps dans la foule. On a eu droit à deux nouvelles pièces de leur album qui sortira possiblement en 2056 si on est chanceux. J’ai été personnellement comblée par une introduction slam pour un de ces morceaux. La présence de l’invité Samian pour interpréter la Paix des braves a été bien sentie, saluant ainsi nos origines autochtones (du moins culturellement). La finale de la partie était assurée par le célèbre antème anti-libéral, couplé de riffs de Smells Like Teen Spirit de Nirvana (ils avaient déjà fait le coup deux ans plus tôt aux Francofolies). Environ 60 spectateurs se sont d’ailleurs retrouvés sur la scène pour la partie rigodon du morceau. Batlam a souligné cela à la toute fin, créant un parallèle entre ce geste et l’importance de prendre le contrôle souverain de notre destin. Mention spéciale à Pablo, le Français à la tronche sympathique qui portait un t-shirt de Youth of Today.

Après tout ça, j’étais crevée et j’avais déjà perdu la voix depuis Groovy Aardvark. J’ai donc mis le cap vers le Lafleur (question de refaire ses forces pour le reste du trajet). J’ai entendu quelques notes du groupe torontois Holy Fuck, dont le son et le nom ressemblent étrangement à l’autre groupe torontois Fucked Up. Encore à 3:30 am, il y avait du monde partout, St-Laurent était jammé et puis y’a fallu attendre un bout pour avoir nos frites. Une expérience fort positive donc cette première Nuit blanche. Pour terminer, mention spéciale au sympathique californien dans le métro qui nous offrait généreusement d’aller faire le party avec lui et ses quatre colocs mexicains.

Mise à jour, prise 5432185

D’abord, vous avez remarqué, j’ai changé le look du blog pour 1000e fois. C’est que je n’arrive pas à trouver quelque chose qui allie fonctionnalité et design dans ce monde WordPress. N’empêche, je continue la croisade et ait bon espoir d’en arriver à quelque chose bientôt. Je tiens aussi à mentionner l’existence d’une nouvelle page intitulée Bonnes adresses. J’y liste quelques uns de mes endroits préférés à Montréal pour l’épicerie, les restos, boutiques et autres trucs utiles. Si jamais vous avez besoin d’un tuyau, allez faire un tour par là. J’ai aussi mis à jour la page À propos, quoi que je ne suis pas encore totalement satisfaite du résultat. J’y explique quand même un peu mieux la raison d’être de ce blogue. Je voudrais bien travailler sur une page Auteure. À force de lire des blogs et de me promener sur la toile, je me suis rendue compte que j’aime bien savoir qui je lis. Je suis toujours en quête d’une photo pas trop effroyable question de me montrer la tronche (du narcissisme 2.0 quoi!), avis aux photographes amateurs.

Je permets aussi de mentionner quelques changements dans les liens Friends dans la colonne de droite. D’abord, l’ajout bien mérité et trop tardif de Compost Montréal, ce sympathique service de collecte de compost chez les résidents montréalais. C’est aussi un employeur génial! J’ai aussi ajouté un lien pour le Ste-Émilie Skillshare, qui est en fait un espace collectif pour création artistique / bricolage. Situé dans le merveilleux quartier St-Henri, on peut y faire de la sérigraphie (et apprendre) à faible coût, assister à des ateliers sur la fabrication de feutre maison ou encore de jouets érotiques élaborés à partir de matériaux recyclés. Il y aussi l’écriture de lettres à des prisonniers, des ateliers d’auto-défense pour les femmes, trans et lesbiennes, etc. Bref, de tout pour tous les goûts. Finalement, j’ai modifié le lien de Realicide pour vous envoyer vers Realicide Youth Records désormais. Le groupe s’est séparé, mais l’étiquette continue son travail et sortira assurément quelques albums en 2011.

Je suis ouverte aux commentaires à propos de ce blogue, que ce soit au niveau du contenu ou du contenant. Je crois sincèrement que la critique constructive est une prémisse essentielle à une amélioration et l’outil essentiel d’une aspiration à quelque chose de mieux. Donc, ne vous gênez pas et allez-y, exprimez-vous!

Pourquoi je ne bois pas?

Plusieurs le savent, je en bois pas. Pas du tout. Même pas pour Noël, pour mon anniversaire ou pour un mariage. Quelqu’un m’offrirait le soit disant meilleur vin ou scotch (on a déjà tenté), je ne changerais pas d’opinion. On me traite d’extrémiste (ce n’est pas la première fois), de puritaine ou encore de “casseuse” de party à l’occasion. Toujours, on me demande pourquoi je ne bois pas. Par lassitude et certitude que la conversation s’en va nul part, je réponds invariablement une phrase vide du type “J’en laisse pour les autres” ou encore je retourne la question sans y répondre. Je me trouve rarement dans un environnement idéal pour aborder mes raisons et les défendre, parce que plus souvent qu’autrement, je subis un interrogatoire serré sur le sujet. Je prends donc ici le temps de m’étendre sur la question, sachant qu’il n’y a pas de musique à tue-tête, de pichets en circulation et d’état d’ébriété avancé chez mon interlocuteur (quoique je ne voudrais pas assumer, c’est peut-être le cas!).

D’abord, il y a la consommation d’alcool comme norme sociale. Dans certaines occasions, il est attendu d’un individu qu’il consomme, sous peine de subir les regards inquisiteurs et les 1001 questions de tous ceux qui ne peuvent croire à une telle idée. Dans certains milieux plus que d’autres, on fait même la promotion de la consommation comme étant une passe VIP à l’acceptation et l’intégration sociale. Le milieu universitaire en est certainement un exemple probant : quoi de mieux que de se pacter la fraise en début de session, question d’apprendre “à mieux se connaître”. Le fait d’adhérer à un comportement, une norme collective, devient ainsi une prémisse essentielle à la socialisation; toute attitude contraire étant vue comme antisociale. Il y a donc la création d’une norme artificielle qui, lorsque poussée à son extrême, entraîne des conditions physiques déplorables (alcoolisme) et des conséquences sociales graves (pauvreté, agressions, etc.).

En observant, d’un point de vue sobre, notre société “alcoolique”, il apparaît clairement que l’alcool joue un rôle de pacification important. Panem et cireuses disait les Romains. Du pain et des jeux pour tenir la population tranquille et s’assurer un règne prospère. Une rapide analyse du rôle qu’occupe l’alcool dans nos relations interpersonnelles et nos “divertissements” permet de se rendre compte que sa consommation est une sorte de diversion à grande échelle, qui nous permet de relaxer après une (trop) longue semaine de travail, faire face au stress imposé, bâtir des amitiés (?) et socialiser. Il n’y a qu’à voir la manière dont les Premières Nations sont maintenues au seuil de la pauvreté et de la précarité à cause des ravages de l’alcool, ce qui entre-temps profite bien à nos gouvernements. Il est courant de voir la consommation d’alcool à la base de l’agenda social d’une personne, bien qu’elle l’admette rarement. Aller à tel ou tel endroit parce que la bière est moins cher ou on peut apporter son vin, choisir un moment pour se rencontrer plutôt qu’un autre puisqu’on pourra socialiser plus facilement autour d’un verre, etc. Lorsqu’on passe plus de temps à s’émerveiller de la nouvelle Coors Light à la lime qu’à lire un livre, ou qu’on dépense plus d’argent à boire qu’à s’instruire, je me dis qu’on a alors réussit un tour de force : nous vendre “l’imbécilisation dans une bouteille” et même en faire une norme sociale. Certains diront qu’il s’agit là de choix personnels éclairés et que je n’ai rien à dire sur le sujet. Bullshit.

L’imbécilisation je disais donc. Une exemple fort éloquent est certainement les statistiques qui existent entre la consommation d’alcool et l’augmentation de la violence. Batailles, voies de faits, violence conjugale, agressions sexuelles, harcèlement, conduite en état d’ébriété, la liste est longue. Il existe certainement des liens clairs, détaillés et mêmes mesurés entre la consommation d’alcool et l’occurrence des agressions sexuelles. Il est important de noter que cette consommation peut avoir lieu chez l’agresseur* ou la victime ou les deux; ces cas sont malheureusement trop fréquents. L’alcool est donc un élément magique qui permet outre de passer les principes fondamentaux de dignité humaine, de respect de l’autre et de contrôle de soi au profit d’un plaisir, aussi artificiel qu’éphémère. Combien de fois a-t-on entendu le classique “ouin, mais j’étais saoul, j’men rappelle pas.”? Une intoxication volontaire sert souvent de défense morale et cette défense qui est en fait loin d’en être une, est généralement acceptée bêtement par l’auditeur. Il s’agit d’une forme de complicité dans une imbécilisation volontaire, ayant pour autant des répercussions réelles et tout aussi, sinon plus graves.

Il convient aussi de se pencher sur le pouvoir économique des grandes compagnies productrices de boissons alcoolisées. La grande majeure partie de la consommation profite non pas à des brasseurs artisanaux ou de petits vignobles comme on aimerait le croire, mais plutôt à des multinationales. Ces géants ne lésinent pas sur les moyens utilisés pour faire augmenter leurs ventes et gonfler les profits. (Sur)utilisation des femmes dans les publicités où on les dépeint plus souvent qu’autrement comme des objets sexuels. Cette objectivation est pratique : elle permet notamment de redonner aux hommes un sentiment de supériorité et de réaffirmer leur masculinité dans une société qui tend à questionner les genres. Bref, il s’agit d’une forme de défense, un retrait dans ce qui semble être encore un bataillon mâle : prendre une bonne bière entre chums. Pour en revenir aux méthodes douteuses des multinationales, il faut mentionner l’utilisation de semences OGM dans la production des céréales. Il ne s’agit là que d’une des nombreuses pratiques suspectes en matière environnementale.

Bref, ce refus de consommer est pour moi la plus logique expression d’un désir profond de liberté. M’émanciper d’une forme de dépendance trop largement acceptée (dépendance pas toujours physique, mais généralement sociale), d’une forme de capitalisme extrême. Il s’agit d’une opposition fervente à l’objectivation des femmes pour vendre un produit qui servira d’outil et de défense pour les soumettre. C’est la façon que j’ai choisi pour résister à une pacification à large échelle et conserver ma lucidité. Lucidité qui est, en quelque sorte, un cadeau empoisonné dans notre société.

* Il n’existe pas de féminin au mot agresseur. C’est choquant.

Du droit à l’euthanasie

Encore une fois, je suis un peu en retard sur le sujet. Parfois, je me dis que de devrais être plus à l’affût de tout ce qui se passe, me former une opinion éclairée et solide, trouver un angle de traitement de l’information et envelopper le tout dans un format personnalisé, tout ça dans les 24 heures suivant l’actualité. En même temps, j’aime bien cogiter le tout, ressasser les différents aspects d’une question et observer le développement des positions sur le sujet. Ça permet d’éviter une réaction trop impulsive et aussi de dire n’importe quoi (quoique ça m’arrive souvent quand même). Enfin, voilà pourquoi je reviens souvent sur de “vieux” débats ou sujets et une des raisons de mon positionnement plutôt tardif.

Cette commission donc, au sujet de mourir dans la dignité. Il est intéressant de voir que le débat a glissé vers l’importance et le type de soins palliatifs à fournir, plutôt qu’au droit à l’euthanasie comme le suggérait le titre original du projet de loi déposé qui visait le droit de mourir dignement. La différence est subtile, mais pas moins cruciale pour autant. En évacuant ainsi du débat public une partie importante de la question, on évite de marcher sur des oeufs, de ne pas susciter une véritable réflexion et on passe outre des considérations éthiques et philosophiques importantes.

Y existerait-t-il donc, un droit à l’euthanasie? Il faut d’abord se demander s’il existe un droit à la vie, question à laquelle on répond d’emblée oui; il s’agit la d’un droit naturel, fondamental à notre existence. Il semblerait donc normal que l’on puisse aussi renoncer à ce droit à la vie, par un acte qui s’appelle communément suicide. J’avouerai que je ne suis pas chaude à cette idée, et qu’il ne faut pas encourager une telle décision. Toutefois, il m’apparaît dictatorial que d’obliger une personne à vivre contre sa volonté. Doit-on pour autant faciliter ce geste final, sans appel?

En y regardant de plus près, il est évident que toute personne qui n’est pas dans un état physique restreignant possède la capacité de renoncer au droit à la vie. Je n’oserais parler de “droit au suicide”, ce qui me semble une dénomination trop lourde de conséquences. Toujours est-il que la question de l’euthanasie se pose pour les personnes qui veulent renoncer à la vie, mais n’en ont pas les moyens physiques. Une personne possédant ainsi les attributs physiques requis pourront se suicider, mais pas les personnes physiquement plus faibles, et pas question que ça change. Est-ce qu’on n’est pas là face à une forme de discrimination naturelle, renforcée par l’inaction du gouvernement, basée sur les capacités physiques d’une personne? Si l’individu, physiquement incapable, possédait la force de mettre fin à leur jour, il le ferait. En refusant de leur permettre de se suicider, on en revient à exploiter leur faiblesse physique et de leur imposer une volonté contraire à la leur, dans un souci maladif de préservation de la vie à tout prix. Le suicide n’est plus un acte criminel, mais on dirait qu’il reste une forme de désapprobation sociale de ce geste, qui stigmatise ainsi ceux qui le souhaitent, mais ne peuvent le réaliser.

Il y a, à mon humble avis, une forme de discrimination basée sur la capacité physique, lorsqu’il est question de renoncer à la vie. En permettant aux personnes qui le désirent d’avoir accès à une méthode “alternative” de mettre fin à leur vie, il s’agirait là d’une manière de rétablir une sorte d’équilibre pour le respect de la volonté des personnes. Il ne s’agit pas ici de “tuer” des malades, ou de les encourager, mais simplement de leur permettre de faire ce qu’une personne physiquement capable pourrait faire.

En prime, cet excellent témoignage d’un pro droit à l’euthanasie paru dans le Devoir.

Les roses, un cadeau parfait?

St-Valentin. Fête de l’amour, où on dépense à s’en étourdir, question d’impressionner l’être cher et de célébrer l’amour. Les roses sont certainement le cadeau le plus fréquent, mais peut-être pas aussi magnifique qu’on aimerait le croire. Derrière la couleur riche de la fleur, l’excitement du moment et le parfum classique, se cachent des méthodes de productions douteuses. Nombre de travailleurs, notamment en Colombie, souffrent de nombre de problèmes de santé liés à l’utilisation abusive des pesticides pour la production de la fleur parfaite.

Il semblerait aussi que les roses commerciales aient une empreinte écologique importante : on parlerait de 5 livres de dioxyde de carbone par bouquet, ce qui fait beaucoup en ce 14 février. Réfrigération, transport par avion et plus, le bilan environnemental n’est pas tout à fait rose. Pour en savoir plus sur les conditions de production et ses impacts, je vous invite à consulter les deux liens suivants (en anglais; malgré mes efforts, la documentation est quasi inexistante à ce sujet en français).

A rose is a rose, is a rose — or is it? The not so rosy rose trade
Colombian women workers strike for survival in cut flower industry

Je me permets finalement de faire de la promotion pour un producteur québécois de roses : les Serres Drummond. Si vous ne pouvez résister à acheter un bouquet pour l’être cher, prenez donc le temps de demander d’où proviennent les fleurs; vous agirez ainsi (ou non) en toute connaissance de cause.

Le monopole journalistique

Encore une fois, je suis un peu en retard avec cet article, mais comme la situation ne risque pas de changer de si tôt, c’est toujours pertinent, un mois après la parution de ce merveilleux article dans le tout aussi merveilleux Devoir. Stéphane Baillargeon (que je découvre et aime de plus en plus) nous entretient des liens suspects entre La Presse (Gesca) et Radio-Canada. Convergence de l’information, tant par Gesca que Quebecor, que plusieurs décrient depuis des lustres, moi y compris. Toutefois, en y regardant de plus près, il y a une seconde convergence que l’on occulte plus ou moins volontairement : le monopole des journalistes.

Pierre-Karl Péladeau, président de Quebecor (Journal de Montréal, Journal de Québec, site Canoë et plus de 50 71 hebdomadaires régionaux)

Lorsqu’il est question d’analyse de l’actualité, on se tourne automatique, et peut-être trop facilement vers les journalistes, ces spécialistes de l’information. Ah, voilà le coeur du problème : ils sont spécialistes de l’information en général, pas de l’information spécifique. Je m’explique. Lors qu’un événement se produit, on dépêche rapidement des journalistes sur les lieux pour rapporter les faits, décrire la situation, etc. Bien que certains d’entre eux possèdent aussi les connaissances et la rigueur intellectuelle pour proposer une analyse valable, originale et de qualité, force est d’admettre que, dans plusieurs cas, cette analyse devrait être laissée à d’autres. Si on parle de crise parlementaire, pourquoi ne pas inviter un ex-député ou stratège politique par exemple? La révolution en Égypte? Oui, on aime bien les journalistes sur le balcon, mais un prof d’université en sciences politiques ou en études arabes ne serait-il pas plus apte à développer et exposer une pensée analytique juste?

Bernard Descoteaux, directeur du Devoir (seul quotidien québécois indépendant)

Je crois qu’à cette ère de la spécialisation poussée à l’extrême, il serait important que l’on remette en question le monopole journalistique de l’information et surtout de l’analyse. On a des spécialistes? Profitons-en pour pouvoir jouir d’une information variée et plus précise, plutôt que de se contenter d’un ramassis de faits, entremêlés dans un interview fait par courriel et des statistiques douteux. On pourra aussi faire d’une pierre deux coups : en plus d’informer monsieur madame tout le monde sur l’actualité, on pourra transmettre d’autres connaissances qui pourront être utilisées afin de mieux comprendre les enjeux actuels.

Paul Desmarais Jr de Power Corporation (Groupe Gesca : La Presse, Le Nouvelliste, Le Soleil, Le Droit, Le Quotidien, La Voix de L'Est et La Tribune)

Il serait aussi louable d’opposer quelques points de vue spécialisés sur un sujet donné, question d’aborder toutes les facettes d’une question, ou du moins d’en couvrir le plus possible. Bien que cela se fasse dans certains cas (trop souvent dans le monde du sport), force à de constater que, la plupart du temps, on se retrouve face à un discours médiatique unique. Lorsque l’information devient de plus en plus “à sens unique” en terme de contenu, on ne peut que s’attendre à une pensée populaire qui elle aussi se concentre. La diversité, et surtout la divergence d’opinions et d’analyses, c’est aujourd’hui la base d’une pensée critique réelle. Mettons donc toutes les chances de notre côté, dans un monde souvent trop endoctriné à son insu…

diaspora*

Article presto sur ce site trouvé en cherchant les alternatives à Facebook, suite à ma sévère critique du réseau social. disapora* donc, un projet mené par quatre étudiants geek de l’université de New York. Cet article du New York Times résume bien le projet des étudiants. J’ai d’ailleurs été fort heureuse de lire ce qui suit:

A teacher and digital media researcher at N.Y.U., Finn Brunton, said that their project — which does not involve giant rounds of venture capital financing before anyone writes a line of code — reflected “a return of the classic geek means of production: pizza and ramen and guys sleeping under the desks because it is something that it is really exciting and challenging.”

Le projet, basé sur les notions de logiciel libre, se veut une alternative crédible et efficace à Facebook. Il sera possible de classer ses connaissances selon différents aspects (amis, collègues, connaissances), permettant ainsi de varier le contenu de l’information privée diffusée pour chacun de ses groupes. De plus, toute personne sur diaspora* conserve la propriété des informations, photos et et autres éléments mis en ligne. Finalement, le plus grand avantage de ce projet, qui réussit là où Facebook  a échoué (pour ceux qui l’utilisent déjà), une navigation simple qui permet de changer facilement les paramètres d’accès et de sécurité.

Ah oui, je mentionne aussi une touche appréciée. Pour définir son genre sur diaspora*, on se retrouve face à un champ de texte plutôt qu’au classique menu déroulant qui nous laisse peu de choix devant la dualité du modèle archaïque homme/femme. Le champ de texte permet donc d’inclure d’autres genres moins répandus (queer, trans, etc.) ou encore de ne rien écrire, mais aussi de faire son comique. Pour en connaître plus sur les raisons de ce choix de la développeuse Sarah Mei, allez voir son blog.

Les fondateurs : Raphael Sofaer, Ilya Zhitomirskiy, Dan Grippi, Raphael Sofaer

(Je me relis et trouve que j’écris un “infomercial” plus qu’autre chose.) Le projet est en encore à une phase bêta, mais à en croire le dernier billet sur le blog de diaspora*, il semblerait que le tout va bon train. Pour l’instant, il n’est possible que de demander une invitation et se croiser les doigts pour que le tout arrive dans notre boîte de réception le plus tôt possible. Je vous encourage évidemment à demander une de ces invitations (très facile, par ici!). Parlez en autour de vous si vous voulez, on finira peut-être par briser le monopole Facebook.

L'interface Diaspora*

En terminant, pour les intéressés, voici d’autres alternatives à Facebook, plus ou moins évoluées :

Ces droits que l’on prend pour acquis

Il y a une forte tendance à prendre pour acquis des droits obtenus, des programmes sociaux et autres avantages d’une société. Jusqu’au moment imminent où on nous les enlève de force ou de raison, et même parfois après, on se complait dans une sorte de certitude sacrée de la bonté de l’État. Cette attitude d’inertie populaire, elle-même supportée par une société de consommation et de “loisirs”, permet de détruire à petit feu les institutions de la société québécoise. Aux États-Unis, cela a récemment convergé vers un nouveau projet de loi dont les conséquences pourraient être désastreuses pour les droits des femmes.

Ce nouveau projet de loi, savamment (!) intitulé No Taxpayer Funding For Abortion Act (Loi contre le financement de l’avortement par les payeurs de taxes), a recours à un exercice plutôt douteux de redéfinition du mot viol (rape). En effet, en plus d’éliminer complètement le financement pour divers programmes gouvernementaux qui permettent l’avortement, cette loi suggère d’introduire la notion de viol forcé (forcible rape). Allô??????!!!!!!! Un viol est PAR DÉFINITION forcé! Si c’était pas un acte forcé, on appèlerait pas ça un viol! On peut jouer les mots, bien d’accord, mais là, faudrait quand même pas abuser (sans jeu de mots dégoûtant). Le projet de loi présenté propose de modifier l’amendement Hyde et de le rendre permanent (celui-ci doit présentement être renouvelé chaque année). Ce qui dérange, c’est surtout la nouvelle définition de viol forcé qui permet d’exclure les situations suivantes du droit à l’avortement :

  • Les femmes qui disent non à leur agresseur, mais ne s’opposent pas de manière physique;
  • Les femmes qui sont droguées ou menacées pour être ensuite violées;
  • Les mineures ayant été violées par des personnes majeures

En gros, il ne suffit pas de dire simplement “non”. Il faudra désormais s’opposer physiquement à son agresseur. La menace, la crainte, la présence d’autres personnes intimidantes, la présence d’armes, voilà autant de situations qui ne permettraient pas de se faire avorter suite à un viol. Utile pour les républicains, la majorité des cas de viol ne sont pas physiquement violents, mais souvent rendus possible grâce à la menace de l’utilisation de la violence. Tu t’es pas battue avec un gars 6 pieds pendant que tu te faisais agresser? Ou tu ne t’es pas opposée assez fort pour avoir des lésions corporelles qui pourront prouver ton opposition? Ben assume! Faut être loin de la réalité des agressions sexuelles, de l’expérience physique et psychologique qui en découle pour tenir un pareil discours, croyez-moi.

Pouvez-vous croire que 16 femmes ont votées pour ce projet de loi, en plus 156 républicains? Ce projet de loi nous ramène plusieurs années en arrière. Il s’agit définitivement d’une perte énorme pour toutes les femmes et pour la société en général. Je demeure convaincue qu’il est impossible d’avancer collectivement si l’on piétine systématiquement les droits de certains groupes (Noirs, femmes, amérindiens, etc.). Avec des projets de loi comme ça (ou comme celui pour abolir le registre des armes à feu au Canada), je me dis qu’on est vraiment en train de désévoluer. Comme le chante Sage Francis: I’ve seen the monkey evolve into a man, I’ve seen the man evolve into a monkey.

Si je suis si outrée par ce projet de loi, c’est notamment à cause de la tendance conservato-canadienne de suivre le chemin de l’oncle Sam sur plusieurs questions. Il y a Harper qui s’inspire actuellement de la vision Bush d’il y a cinq ans concernant l’environnement. Va-t-on devoir marcher dans les rues dans quelques années pour conserver notre droit à l’avortement? Ce qui me trouble encore plus, c’est de devoir potentiellement expliquer l’importance de l’engagement citoyen, prémisse pour que l’on garde cet acquis. Certains me citeront Daigle c. Tremblay et la merveilleuse Charte canadienne et le droit “constitutionnel” à l’avortement. Tout ça c’est bien beau, mais si un bon matin la Cour Suprême décidait de changer de bord et de ne plus considérer l’avortement comme un droit, ben too bad. Il y aura toujours un raisonnement juridique plus ou moins tordu, mais toujours défendable et valable pour justifier une position. Considérons-nous donc chanceux tout au plus pour le moment.

À dormir sur la switch comme on fait là, c’est sûr qu’on se fait passer plein de beaux sapins, et un jour, on va être pogné dans le fond, pis là on sera pas sorti du bois.

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