PETA lance son site web de porno

by M.

PETA (People for Ethical Treatment of Animals) a annoncé le lancement d’un site web dédié à la pornographie. En effet, l’organisme a décidé de profiter de la création récente du domaine .xxx pour rejoindre un nouvel auditoire. Le nouveau site web contiendra donc des images suggestives auxquelles seront aussi intégrées des images choc sur le traitement et l’abattage des animaux. PETA est connue depuis longtemps pour ses publicités provocatrices. Il semblerait que l’expression « parlez-en en bien, parlez-en en mal, mais parlez-en » ait trouvé écho dans la section marketing de l’organisme. Après plusieurs campagnes mettant en vedette des porn stars quasiment nues, PETA va de l’avant avec la sexualisation de son message.

Au delà de la porno – on peut être pour ou contre -, ce qui dérange, c’est le fait que PETA ne semble pas considérer qu’il existe quelque chose comme un lien entre le sexisme et le spécisme. Il s’agit pourtant d’un des liens les plus évidents et récurrents pour quiconque s’intéresse un tant soit peu à la théorie de l’oppression/exploitation. Avec le lancement de ce site web, PETA va de l’avant dans son déni de l’existence des causes communes d’exploitation et semble croire que la libération (ou du moins la moindre exploitation) d’un groupe peut se faire au profit d’un autre. On réclamera que toutes les actrices et modèles sont des adultes consentant, etc. Cependant, on évacue le fait que, dans toutes les publicités, on présente des femmes blanches, pratiquement nues, aux corps « photoshoppés », dans des positions suggestives et soumissives.

On peut se questionner fortement sur l’efficacité de l’utilisation de la pornographie pour vendre l’idée du végétarisme/végétalisme. Est-ce que ces femmes pourront vraiment, de par leurs poses suggestives, inspirer une personne à changer sa diète? Est-ce que de voir Pamela Anderson nue changera vraiment quelque chose lorsque le prochain hamburger craving se pointera? Est-ce qu’on pensera à ses seins vegans avant de commander un quadruple cheeseburger? J’en doute. Énormément. Certains argumenteront que la beauté de ces femmes sert une noble cause. Que ce soit là leur intention, d’accord, à la limite. Cela ne change toutefois rien au fait qu’elles serviront de simple plaisir visuel et de stimulation pour des hommes qui, en grande majorité, en ont rien à foutre de la manière dont sont tués les poulets au Mississipi.

Il y a plusieurs raisons pour lesquelles je déteste PETA, mais vraiment avec ce site web, ils viennent de perdre ce qui leur restait de crédibilité et de respect. Lorsqu’on associe le mot « vegan » à cette organisation, je pense qu’on fait plus de mal que de bien à la cause.