Le Japon reprend la chasse à la baleine
by M.
La flotte japonaise de chasse à la baleine a quitté le Japon le 10 décembre dernier. Les navires de Sea Shepherd en faisait autant le 16 décembre. Les pions se mettent en place pour ce qui pourrait être une des plus grandes confrontations dans l’océan Antarctique. Selon les documents soumis à l’IWC (International Whaling Commission), le Japon prévoit tuer plus de 900 baleines « à des fins scientifiques ». C’est que la chasse commerciale est bannie depuis 1986, mais le Japon utilise la recherche scientifique, qui est elle permise, comme excuse pour sa chasse.
Les chasseurs japonais bénéficient de l’appui du gouvernement, d’une unité de sécurité équipée pour repousser les activistes et d’un soutien financier public. Une partie de l’argent utilisée pour financer la chasse de 2012 provient en effet du fonds destiné aux victimes du tsunami du 11 mars dernier. Le gouvernement y va d’un lien sinueux pour justifier l’utilisation des deniers publics voués à la reconstruction : la chasse à la baleine permettrait de revigorer l’économie des villages côtiers touchés par le tsunami.
Paul Watson, le coloré capitaine de Sea Shepherd a clairement indiqué son intention de tout faire pour empêcher le Japon de tuer des baleines. Depuis la destruction du navire Ady Gil par les Japonais l’an dernier, la tension monte entre les deux camps. Sea Shepherd surveille de près les activités du gouvernement japonais, que ce soit en rapport avec la chasse à la baleine ou aux dauphins. L’excellent documentaire The Cove a permis de mettre à jour l’horrible chasse aux dophins qui a cours au Japon. Les activistes de Sea Shepherd ne sont toutefois pas les bienvenus. Quelques incidents récents font anticiper une vive confrontation sur les eaux de l’Antarctique.
L’an dernier, Sea Shepherd avait succédé dans sa mission. Les Japonais avait rebroussé chemin à la mi février après avoir été poursuivi jusqu’en Amérique du Sud par l’organisation de Watson et sans avoir capturé leur quota. Sea Shepherd estime à 863 le nombre de baleines épargnées. L’organisation fait présentement face à deux poursuites judiciaires. Une action est intentée aux États-Unis par un opérateur japonais de navire de pêche (de « recherche ») et une autre est intentée en Nouvelle-Zélande par le capitaine du Ady Gil qui soutient que Sea Shepherd est responsable de perte de son navire.
La chasse aux baleines défraie peu la manchette au Canada. Pourtant, en Australie et en Nouvelle-Zélande, deux pays qui profitent énormément du tourisme d’observation des baleines, il existe un fort consensus social et un support populaire pour l’abolition de la prétendue recherche scientifique du Japon. Il sera intéressant de suivre le développement des événements dans l’océan Antarctique au cours des prochaines semaines. Il pourrait s’agir d’une des dernières chasses aux baleines, une activité qui a fort mauvaise réputation sur le plan international.
*Pour voir l’excellent et troublant documentaire The Cove (La baie de la honte), c’est gratuit par ici et en français.
