Des activistes taxés de terroristes

La Humane Society of the United States a mené plusieurs investigations secrètes au cours des dernières années. Cette photo provient d'une de ces investigations.
Des activistes qui font des investigations secrètes seraient des terroristes selon le FBI et pourraient être poursuivis en vertu du AETA (Animal Enterprise Terrorism Act). Les investigations secrètes auxquelles ont fait référence ici sont celles où des activistes inflitrent le milieu de la production agricole afin de filmer les conditions d’élevage et d’abattage des animaux. Il y a eu de nombreuses investigations de cette sorte aux États-Unis. La plus récente est probablement celle menée par Mercy For Animals chez Sparboe Egg Farms, un fournisseur de McDonald’s. La mise en ligne de la vidéo avait forcé le géant américain à rompre son contrat d’approvisionnement avec le producteur.
Au Québec, de telles investigations sont aussi chose fréquente. Récemment, il y a eu le scandale lié au Berger Blanc dont l’enquête repose notamment sur le matériel visuel obtenu sans autorisation. En 2007, GAN (Global Action Network), un groupe montréalais, avait aussi inflitré les producteurs de foie gras québécois pour mettre à jour les pratiques de l’industrie.
En vertu de l’article 43 USC 18 du AETA, les activistes investigateurs pourraient être poursuivis comme étant des terroristes. Cela a de quoi donner froid dans le dos. Il me semble que l’intérêt public exige que les consommateurs de viande, ceux qui supportent ce système, puissent savoir ce à quoi ils participent.
Those who, by their purchases, require animals to be killed, do not deserve to be shielded from this or any other aspect of the production of the meat they buy. – Earthlings.
Le FBI, par la persécution des activistes investigateurs, protège qui, quoi? La police, nous dit-on, protège la population. Or, il m’apparaît évident dans ce cas-ci (et avec les développement des événement Occupy) que la police est au service des intérêts financiers privés. Qu’on vienne me faire croîre qu’il est d’intérêt public de ne pas savoir ce que nous consommons, faites moi rire!
Dans le cas du AETA, on étire la sauce pour en à faire taire les activistes au moyen d’amendes élevées et même de menace de peine d’emprisonnement. Bien que l’on cible spécifiquement les activistes dédiés à la libération animale, il reste que cela permet de créer un dangereux précédent pour l’abolition lente de nos droits. À force de s’en remettre « aux autorités » pour nous protéger, force est de contaster qu’on en arrive à un débalencement inquiétant et à une instrumentalisation de notre besoin de sécurité pour servir des intérêts économiques illégitimes. Cinq activistes ont d’ailleurs intenté une action judiciaire avec l’aide du Center For Constitutional Freedom dans le but de faire déclarer inconstitutionnel le AETA.
Quelle est le lien avec nous, Québécois? Dans le contexte actuel où une grande partie de nos orientations politiques en matière de justice criminelle est pilotée par le modèle américain, il convient de s’effrayer. La semaine dernière on abolissait le registre des armes à feu et aujourd’hui, un député conservateur propose de donner des droits au foetus, un précédent à la criminalisation de l’avortement. On se rapproche dangereusement des Américains et de leur tendance à effriter nos droits fondamentaux; combien de temps nous faudra-t-il pour réagir?