Tu m'en diras tant…

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Month: février, 2012

Grève étudiante et répression policière

Depuis le début du mouvement de contestation de la hausse des frais de scolarité, on a droit à une expression de pleine force de la répression policière. Il faut d’abord souligner le fait que la police est au service de l’État. Il s’agit du bras armé du gouvernement, l’outil de choix par lequel celui-ci met en place son monopole de la force légitime [1]. Depuis déjà un moment, et particulièrement depuis les débordements survenus dans les divers mouvements Occupy, on se questionne sur la légitimité et le rôle de la police. Les événements récents au sein du mouvement étudiant exigent que l’on pousse ce questionnement.

La judiciarisation des mouvements sociaux ne date pas d’hier. Toutefois, avec la création de l’escouade GAMMA du SPVM (Guet des activités des mouvements marginaux et anarchistes), le phénomène atteint de nouveaux sommets. Les groupes ciblés sont on ne peut plus explicitement nommés. Cette escouade, qui relève de la division du crime organisé (!!!), cible aussi le mouvement étudiant. Sachez-le, cégepiens et universitaires sont tous de dangereux révolutionnaires hautement organisés qui attentent à la sécurité de l’État.

Les premières offensives de l’escouade GAMMA ont eu lieu au cours de l’été et visaient notamment les étudiants qui ont occupé les locaux de la CRÉPUQ (Conférence des recteurs et principaux des universités du Québec) lors de la manifestation nationale du 31 mars dernier. Les occupations font partie de l’éventail des stratégies de protestation des étudiants depuis belle lurette et ont toujours été tolérées par les autorités. Les arrestations de l’été liées à ce genre d’activités avaient certainement pour but de créer un effet dissuasif (chilling effect) sur le mouvement étudiant, alors qu’un mouvement global de contestation se mettait en place.

En plus de l’implication d’une unité spéciale d’enquête du SPVM, les étudiants font aussi face aux fameuses escouades tactiques (aka l’anti-émeute). Lors de l’occupation de la Tour de la bourse il y a un peu plus d’une semaine, nombre de manifestants ont eu droit au poivre de cayenne et à la matraque en plus des arrestations musclées de la part du SPVM. Il faut évidemment ajouter à cela les événements de l’occupation du cégep du Vieux Montréal où 37 étudiants ont été arrêtés. Ils font maintenant face à diverses accusations, notamment de voie de faits envers des agents de la paix [sic].

Pourquoi toute cette montée de lait sur la violence policière lors des manifestations?Parce que je ne crois pas que la répression (policière) soit une mesure efficace de contrôle social. Comme l’explique Alicia d’Addario [2], docteure en droit, il existe deux tactiques d’intervention policière “macro” : l’escalade de la force (escalated force) et la négociation (negociation management). Le SPVM se spécialise dans la première tactique : arrestations de masse, emploi démesuré et injustifié de la force, intervention qui ressemble plutôt à une offensive, arrogance. La deuxième tactique, malheureusement trop peu utilisée, prend en compte la liberté d’expression et de réunion pacifique des manifestants et tolère généralement les incidents mineurs (par exemple, traverser sur un feu rouge, etc.). L’utilisation de la tactique de la force mène généralement à une plus grande violence lors des manifestations, tant de la part des policiers que des manifestants alors que la négociation permet généralement un déroulement plus pacifique des événements. Un exemple de négociation (à Montréal) serait la réaction policière des premiers jours face au mouvement Occupons Montréal à la Place des Peuples.

Il faut bien voir que l’utilisation de l’une ou l’autre de ces tactiques ne revient pas ultimement aux policiers, mais plutôt aux “commandes” passées par le patron (le gouvernement). Sans vouloir donner dans une théorie du complot, il est évident que le politique a son mot à dire dans le style d’intervention, de surcroît lorsqu’on parle d’un mouvement national de protestation. Je crois qu’il est temps que l’on se questionne sur la pertinence d’utiliser la force comme tactique d’intervention envers les manifestants et sur ses effets. Les étudiants ne sont pas un chapitre du crime organisé; la désobéissance civile n’est pas illégitime et le SPVM doit refaire ses devoirs.

[1] On pourrait ajouter l’armée. Toutefois, sauf dans le cas où les mesures de guerre (ou d’urgence) sont en place, le peuple fait plutôt face à la police.
[2] Alicia A. D’Addario. Policing Protest : Protecting Dissent and Preventing Violence Through First and Fourth Amendment Law. 31 New York University Review of Law and Social Change 97 2006-2007 pp. 97-129.

Grève étudiante : L’École de la Montagne rouge

Si seulement les étudiants avaient voté des vacances plutôt que la grève!

L’École de la Montagne rouge est une initiative des étudiants en design de l’UQÀM qui continuent leur création et s’engagent de façon créative et fort utile dans cette grève. Biz de Loco Locass a d’ailleur revêtu la chienne rouge, uniforme de l’École lors de la manifestation de jeudi dernier.

Toujours à l’UQÀM, l’école populaire Schola verra vraisemblablement le jour ce mercredi. Débats, discussions, ateliers, etc. Bref, c’est pas parce qu’on est en grève qu’on chôme.

Les femmes plus touchées par la hausse des frais de scolarité

La hausse des frais de scolarité touchera davantage les femmes que les hommes. Pourquoi donc? La hausse de 1625$ s’appliquent à tous, sans égard à leur sexe. Le problème il est justement là, dans une politique d’apparence neutre, mais qui désavantage les femmes. Celles-ci gagnent, en moyenne, 71% du salaire des hommes. Une hausse des frais de scolarité signifie donc différents scénarios.

1. Les femmes qui travaillent et étudient en même temps devront travailler plus d’heures que leurs semblables masculins pour payer cette nouvelle huasse.

Exemple : Un étudiant gagne 13.00$ de l’heure. La hausse de 1625$ représente 125 heures de travail de plus par année. Sa collègue étudiante, quant à elle, gagne 71% de ce salaire, soit 9.23$ de l’heure. La hausse de 1625$ représente donc 176 heures de travail. Les femmes travailleront donc 51 heures de plus par année que les hommes pour payer la hausse annoncée.

2. Les femmes qui s’endettent pour étudier devront allouer un plus grand pourcentage de leur salaire total pour rembourser leur prêt que leurs semblables masculins.

Exemple : Allons-y avec une dette réaliste de 30 000$ à la fin d’un baccalauréat, remboursable sur 10 ans. Les hommes titulaires d’un baccalauréat gagnent en moyenne 57 726$ annuellement. Sur 10 ans, cela fera donc 577 260$. Leur dette de 30 000$ représente donc 5.2% du salaire total gagné. Pour une femme, elle gagnera en moyenne 41 058$/an. Sur 10 ans, cela fera 410 580$. La dette de 30 000$ représente donc 7.3% du salaire total gagné. Il s’agit d’un écart de 2.1% qui peut sembler minime, mais qui aura un impact certain sur les femmes.

3. Les mères monoparentales qui subventionnent les études de leurs enfants devront y accorder une plus grande partie de leur salaire.

Je crois que l’affirmation est claire. Si vous êtes une mère monoparentale qui ne recevez pas ou peu d’aide de votre conjoint(e), la hausse annoncée vous forcera à consacrer une plus grande partie de votre salaire au paiement des frais de scolarité des enfants. Considérant le nombre effarant de mères monoparentales qui assument seules le fardeau économique des études, la hausse représente un obstacle important à l’accessibilité aux études pour les enfants de ces mères.

(Voici une explication alternative du problème. Une hausse “neutre” d’un tarif affecte les différentes classes de manière variable. Par exemple, la hausse du coût d’électricité de 0.02$ le kw/h aura un impact plus grand sur les classes plus pauvres que chez les plus nantis. Cela s’explique par le fait que la hausse annoncée ne tient pas compte de leur revenu. C’est, de façon grossière, la même logique qui s’applique ici. La hausse des frais de scolarité touche les femmes davantage que les hommes, car elles n’ont pas les mêmes ressources financières pour payer cette hausse.)

Il est donc évident que toute hausse des frais de scolarité pénalisera davantage les femmes que les hommes. Cela est inacceptable dans une société où l’on vise la parité entre les sexes. Plutôt, il semble qu’une solution efficace soit de tendre graduellement vers la gratuité scolaire, laquelle permettrait d’atténuer au maximum les inégalités soulevées avec les modèles présentés ci-haut. En allant de l’avant aveuglément avec cette hausse, le gouvernement aggrave l’inégalité économique vécue par les femmes. Il est donc impératif de le faire reculer afin d’éviter de perdre des avancés chèrement acquises et de retourner en arrière. La hausse annoncée par le gouvernement Charest va contre l’intérêt des femmes; on ne peut qualifier cela de “politique sociale” qu’en ayant une vision particulièrement tordue de ce que constitue la société que l’on veut créer.

Sources :

http://www.csf.gouv.qc.ca/modules/fichierspublications/fichier-37-1217.pdf (p. 28)

http://wsdb.concordia.ca/about-us/official-position-on-issues/documents/2012SdBITuitionFees.pdf

http://www.bloquonslahausse.com/tout-sur-la-hausse-des-frais/femmes-et-hausse-des-frais/

Les mythes sur la hausse des frais de scolarité

Je n’ai aucun mérite pour le présent billet. Je me permets simplement de reprendre un article de mon collègue Simon Crépault, étudiant en droit à l’UQÀM. Simon a écrit un excellent article concernant les mythes liés à la hausse des frais de scolarité et m’a donné la permission de republier le tout ici. Je vous encourage à aller visiter son blogue Crépolitique. Sans plus tarder donc, les mythes sur la hausse des frais et une réponse appuyée par des sources fiables (c’est-à-dire pas “l’anecdote personnelle”).

L’AIDE FINANCIÈRE AUGMENTERA DU MÊME MONTANT QUE LA HAUSSE

Vraiment ?

Pour que l’aide financière augmente, il faut d’abord y être éligible. En 2008-2009, 169 169 étudiants étaient inscrits à temps plein à l’université (page 23). De ce nombre, 65 181 (38,5%) ont bénéficié de l’aide financière tandis que seulement 25.7% des étudiants inscrits (43 465) ont eu droit à des bourses. Ceci signifie que 61.5% des étudiants n’ont pas droit à l’aide financière (ou n’en auraient pas besoin) pour les études universitaires et que, même s’ils y ont droit, seulement 33% de ceux qui en bénéficient (21 716) n’obtiennent que des prêts. Ainsi, même si l’aide financière supplémentaire se fait sous forme de bourses, elle ne concerne que 25% de la population étudiante.

Cette “information” n’a donc aucune valeur pour 75% de la population étudiante, cette dernière n’ayant pas accès à l’aide financière ou aux bourses. 

Vous ou vos enfants ne font ou ne feront pas partie du 25% ? Ne vous laissez pas berner.

LES ÉTUDIANTS DOIVENT FAIRE LEUR JUSTE PART

Vraiment ?

Qui n’est pas allé sur les bancs d’école ? Qui sont donc ces étudiants qui doivent “faire leur juste part” et surtout, quand doivent-ils la faire ? C’est tout le monde en fait. Tout le monde, sauf ceux qui ont terminé leurs études. L’avaient-ils payé, eux, leur juste part?

Le gouvernement prétend que “la hausse des droits de scolarité amènera ces droits au niveau qu’ils avaient en 1968, si l’on tient compte de l’inflation” (p. 21).

N’utiliser que ces chiffres relève de la malhonnêteté. C’est vrai, en dollars d’aujourd’hui, nous payerons le même montant que payaient les étudiants en 1968. Mais le dollar de 1968 indexé à celui de 2016 ne peut justifier à lui seul une telle augmentation. Faites le calcul vous-même. Les frais de scolarité de 546.40$ en 1968 (p. 67) équivalent à 3420$ en 2011. Mais qu’en est-il de tout le reste ? Quel était le coût du logement en 1968 ? Le prix des aliments a explosé depuis les 10 dernières années, quel était leur prix en 1968 ? On ne peut revenir en arrière et prétendre que ramener les frais de scolarité au niveau de 1968 fera en sorte que le montant payé par les étudiants représentera leur juste part.

D’ailleurs, pourquoi avoir choisi 1968 comme année de référence ? Et bien, 1968 a été l’année où le gouvernement a exigé des frais de scolarité les plus élevés dans toute l’histoire du Québec (Figure 15 p. 54). Dès 1969, les frais de scolarité ont baissé si l’on tient compte du pourcentage du revenu moyen attribué au paiement des frais.

En fait, si en 1968 les frais de scolarité étaient à 100% de ce qu’ils auraient dû être, la moyenne des années 70 fut de 63.6%; celle des années 80 de 31.33%; celle des années 90 de 55.5% et celle des années 2000, environ 65%. (Voir ce document: le système universitaire québécois : données et indicateurs, p. 67).

Ces chiffres peuvent être vus de bien des manières, mais le premier constat qui nous vient à l’esprit est que ce sont ceux qui ont bénéficié des plus bas frais de scolarité qui prétendent que les étudiants doivent faire leur juste part. Pensons à Jean Charest (1981, 41.4%), François Legault (1984, 31.1%), Pauline Marois (1976, 59.8%), Gérard Deltell (1989, 25.1%), Mario Dumont (1993, 40.8%). En fait on pourrait pratiquement tous les passer, aucun n’aura payé ce qu’ils prétendent être “la juste part”, soit celle de 1968. Si cette génération avait placé tous les montants non payés en frais de scolarité selon le pourcentage de ce qu’ils auraient dû, combien devraient-elle redonner, avec intérêt, aux générations actuelles qui sont maintenant prises à éponger le déficit ? Ceci pourrait très bien être LA juste part dont on parle partout ! (Voir la section “Les chiffres le disent” plus bas pour la suite de cette analyse).

LES FRAIS DE SCOLARITÉ PEU ÉLEVÉS DU QUÉBEC NE FAVORISENT PAS L’ACCESSIBILITÉ

Vraiment ?

On n’entend parler que de la Nouvelle-Écosse, avec des frais de scolarité universitaires des plus élevés au Canada et un taux de fréquentation également des plus élevés (p. 1 de l’annexe). Comme s’il y avait un lien direct entre les frais de scolarité élevés et l’augmentation de la fréquentation, donc l’accessibilité.

La réponse à cette “information” propagandiste tient en un mot : CÉGEP

Un bulletin statistique du Ministère de l’Éducation révélait que, si l’on tient compte de l’ensemble de l’enseignement postsecondaire plutôt qu’uniquement l’enseignement universitaire, le taux scolarisation des 17-34 ans (contrairement au tableau de l’Institut économique de Montréal (à la page 1 de l’annexe) qui ne fait état que de la fréquentation des 20-21 ans, et uniquement pour l’enseignement universitaire) est de 20,3% au Québec, contrairement à 16,9% au Canada (incluant le Québec) et de 11,2% pour la moyenne des pays de l’OCDE. 

Mentionnons également que les frais de scolarité ont volontairement été maintenus bas, justement pour favoriser l’accessibilité aux études supérieures puisque le Québec était en retard (voir Rapport Parent, page 82) sur les autres provinces pour le taux de scolarisation. 

Le résultat ? Le Québec a un taux de scolarisation supérieur non seulement au Canada, mais également parmi tous les pays de L’OCDE. En fait, le Québec est au premier rang du taux de scolarisation postsecondaire de tous les pays de l’OCDE (p. 2). Devrait-on établir une corrélation entre le bas prix de l’éducation et le haut taux de fréquentation ?

Les données qui ne réfèrent uniquement qu’à la fréquentation universitaire des 20-21 ans sont donc trompeuses et ne peuvent être utilisées sans distinguer les particularités québécoises dues aux études préuniversitaires et au fait qu’un baccalauréat dure 3 ans au Québec, contrairement à 4 dans le reste du Canada. Cette dernière donnée à elle seule peut faire diminuer le taux québécois de fréquentation universitaire de 25% !

Si je voulais manipuler l’information comme le fait le gouvernement “haussiste”, je ferais un lien direct entre le taux supérieur de scolarisation postsecondaire du Québec et les frais de scolarité qui sont parmi les moins élevés.

D’ailleurs, l’exemple de l’Angleterre tend à démontrer que la hausse des frais de scolarité a eu un impact significatif sur les admissions (baisse d’inscription de 8,7%).

Le gouvernement lui-même, après avoir mis sur pied un comité consultatif, constatait que “les obstacles financiers sont bien réels et que les hausses des droits de scolarité peuvent avoir un effet négatif sur la participation aux études universitaires, en particulier chez les jeunes des milieux à faibles ou à modestes revenus et chez ceux des familles dont le revenu avoisine le revenu médian et qui ne bénéficient pas de l’aide financière aux études” (p. 19). (comme nous le verrons plus loin, ces obstacles affectent principalement ceux qui votent moins aux élections…).

Soyons honnêtes et citons également le fait “qu’il est possible de contrer ces effets pervers avec des mesures financières compensatoires” notamment par l’attribution de bourses (p. 19). Mais considérant que 75% des étudiants n’y ont présentement pas droit, comment l’attribution de bourses à 25% de la population étudiante peut réellement maintenir ou améliorer (conformément aux engagements internationaux du Canada) l’accessibilité pour la vaste majorité ? Est-ce que les mesures gouvernementales feront en sorte de faciliter l’accès aux bourses ? Si oui, pourquoi le gouvernement ne présente pas ces chiffres clairement ? Ils sont pourtant bien simples à comprendre, non ?

L’ÉDUCATION N’EST PAS UN DROIT, C’EST UN PRIVILÈGE  -  LA GRATUITÉ SCOLAIRE POSTSECONDAIRE EST UN MYTHE

Vraiment ?

Comment expliquer qu’un pacte international (PIDESC) en vigueur depuis 1976 prévoyant ce droit fut ratifié par 160 pays, dont le Canada ? Nos dirigeants étaient-ils tous fous lors de leurs ratifications respectives ? Non. C’est nous qui sommes “fous” d’adhérer à une propagande provenant d’un gouvernement (et reprise par un segment de la population, qui, peu scolarisé, ne parvient pas à remettre en question les chiffres avancés) qui veut nous faire croire que l’éducation est un privilège, et ce, pour ne pas avoir à respecter les engagements internationaux.

Pour les sceptiques, voici l’article en question :

L’article 13 (1) du PIDESC prévoit en effet “le droit de toute personne à l’éducation”:

“Les États parties au présent Pacte reconnaissent le droit de toute personne à l’éducation. Ils conviennent que l’éducation doit viser au plein épanouissement de la personnalité humaine et du sens de sa dignité et renforcer le respect des droits de l’homme et des libertés fondamentales. [...]“

Le pacte prévoit à son article 13 (2) (c) que pour assurer le droit à l’éducation,

“L’enseignement supérieur doit être rendu accessible à tous en pleine égalité, en fonction des capacités de chacun, par tous les moyens appropriés et notamment par l’instauration progressive de la gratuité; “ (Voir également ce document du gouvernement du Québec à la page 16 qui reconnaît que “les pays signataires (le Canada a adhéré à ce pacte en 1976) devraient cheminer progressivement vers la gratuité scolaire, y compris aux études postsecondaires“. Ce rapport laisse entendre que le droit à l’éducation n’est qu’un discours ou une approche alors qu’il est inscrit dans un Pacte international auquel le Canada et le Québec sont parties et donc liés.

Sans nécessairement militer pour une gratuité immédiate, est-ce que la hausse des frais de scolarités proposée par le gouvernement Charest est conforme aux engagements internationaux qui lient le Québec ? Est-ce qu’une hausse des frais de scolarité peut, d’une manière quelconque, contribuer à se rapprocher progressivement de la gratuité de l’enseignement supérieur ? Peut-on si facilement répudier nos engagements internationaux ? Le gouvernement avoue candidement que la hausse des frais de scolarité au niveau de 1968 “n’aura pas amélioré la situation, mais ne l’aura pas détérioré” (p. 16). Peut-on dire que ne pas “améliorer la situation” sans la détériorer est synonyme d’instauration progressive de la gratuité ? Il n’y a bien rien que les politiciens pour nous faire gober de telles absurdités !

Ceci étant, certains poseront la question à savoir, si des droits à l’éducation son si explicitement énoncés dans un pacte international, pourquoi la police internationale ne viendrait pas “emprisonner” le Canada ? La réponse est toute aussi malheureuse que simple:  Le Canada n’a pas signé ni ratifié l’entente qui prévoit les procédures de plaintes et de réparations, tout simplement. Il peut donc se vanter d’être partie à un pacte international en faveur de droits économiques et sociaux auprès de la Communauté internationale et de sa propre population sans appliquer le nécessaire pour favoriser effectivement la mise en œuvre des droits qui y sont énoncés.

(Voir le Protocole facultatif se rapportant au Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels à cette adresse (articles 2, 7, 8 et 9) qui met en place les procédures de plaintes pour faire valoir les droits énoncés. (Protocole ouvert aux signatures en 2009, 39 pays l’ont signé depuis, dont 7 l’ont ratifié, entrée en vigueur lorsque 10 États l’auront ratifié).

Donc, l’éducation supérieure (ou postsecondaire) est-elle vraiment un privilège plutôt qu’un droit ? 160 pays sur 193 ont dit que NON. 

Est-ce farfelu d’envisager et de tendre vers une éducation postsecondaire gratuite ? 160 pays sur 193 ont signé un pacte international à cet effet. Est-ce que 83% des dirigeants de pays peuvent avoir, de concert, eu l’intention de faire croire à l’impossible à leur peuple ? Probablement ! Mais il n’en demeure pas moins que la gratuité scolaire, même postsecondaire à moyen terme, relève plutôt d’un choix de société (un choix que la société a fait en 1976) que d’un mythe.

Au Québec, le Rapport Parent était aussi clair: “L’éducation n’est plus, comme autre- fois, le privilège d’une élite. La gratuité scolaire s’impose pour généraliser l’enseignement” (Tome 1, page 92). 

Ce sont ces questions que devraient se poser les haussistes plutôt que de recracher aveuglément le discours clé en main que fournit le pouvoir en place afin de légitimer une hausse des frais de scolarité qui n’est en fait que le résultat d’une gestion partisane des finances gouvernementales.

LES CHIFFRES LE DISENT: LE GOUVERNEMENT NE PEUT SE PERMETTRE DE DÉPENSER PLUS EN ÉDUCATION  -  L’ARGENT NE POUSSE PAS DANS LES ARBRES !

Vraiment?

Le maintien de l’accessibilité aux études postsecondaires relève d’un choix de société, et non d’une guerre de chiffres, comme voudrait le faire croire le gouvernement. C’est toujours plus facile de faire passer un argument avec des chiffres, quand on sait que la majorité ne va pas les consulter ni les remettre en question (à moins, bien sûr, que les chiffres ne soient très facilement accessibles, ce que je tente de faire ici).

Pour parler de chiffres, les budgets du Québec entre 2000 et 2011 ont réduit les revenus gouvernementaux à maintes reprises (2000-2001: indexation des paliers d’imposition: 2G$ par année en moins; 2001-2002: Réduction des taux d’imposition: 1.2G$ par année en moins; 2005-2006 : poursuite de l’allègement fiscal et indexation:622M$; 2006-2007 : Réduction d’impôt: 950M$ par année en moins (section 5 p. 3 et 4; section 6 p. 20) ;  2007-2008: Élimination progressive de la taxe sur le capital: 890 M$ (voir Budget 2006-2007 section 6 p. 21) , et ce, en grande partie au profit des mieux nantis, (ceux qui paient de l’impôt, combien les étudiants paient-ils d’impôt?) ces mêmes qui n’ont pas payé leur juste part des frais de scolarité entre 1970 et 1990 et qui n’entendent pas qu’il en soit ainsi pour les étudiants actuels: il faut pourvoir aux retraites de ceux qui votent ! (ce propos, à ce stade, semble venir de nulle part, mais est appuyé ci-bas).


Ces chiffres répondent également à l’argument selon lequel les études étant un investissement rentable (p. 1 à 3), l’étudiant doit se les financer lui-même. Des impôts plus élevés (avant les baisses) auraient permis aux mieux nantis de donner à la société un retour sur son investissement, et précisément sur ce qu’elle leur aura donné: une éducation abordable permettant à tous ceux qui le désirent, d’y avoir une chance d’y avoir accès sur un pied d’égalité, riches ou pauvres. N’est-il pas démontré qu’il existe une corrélation directe entre niveau de scolarisation et revenus (qui dit revenus dit impôt) ? En effet, “les revenus d’emploi durant la vie active (de 17 à 64 ans) seraient de 875 510 $ de plus pour les titulaires d’un baccalauréat, comparativement aux diplômés d’études secondaires” (p. 28-30). Les plus scolarisés auraient donc de fortes chances de payer plus d’impôt. Mais si on baisse les impôts, les plus scolarisés de la génération précédente qui n’ont pas payé leur juste part de frais de scolarité paieront-ils leur juste part d’impôt?

Ainsi, le gouvernement se serait intentionnellement privé d’au moins 47 milliards depuis 10 ans (117.6 milliards (p. 5 et 6) en considérant tous les allègements fiscaux!) pour en faire profiter sa clientèle électorale au détriment de ceux qui, de toute façon ne votent pas! En effet,  “les jeunes, les citoyens peu scolarisés, les citoyens des milieux socio-économiques défavorisés et les citoyens issus des minorités ethnoculturelles voteraient en moins grand nombre que les autres catégories d’électeurs” (Allocution de Marcel Blanchet, directeur général des élections, paragraphe 17).

Qui sont les électeurs de cette “autre catégorie” ? Logiquement, par opposition, ce seraient les vieux (ou moins jeunes), scolarisés et de milieux favorisés. Cette autre catégorie ne ressemblerait-elle pas curieusement à celle qui a justement profité de frais de scolarité particulièrement bas (mis à part, bien sûr de la sacro-sainte cohorte 1968 qui aura eu la fierté d’avoir payé sa juste part) ? Effectivement, au Québec, le taux de participation en 2005 des 18-47 ans était en moyenne de 48% alors qu’il était de 73.66% chez les 48 ans et plus…

Quand on sait que la gratuité scolaire universitaire coûterait 405 millions $ (p. 39) par année (4.87 milliards $ depuis 2000), et que le Québec a les moyens de réajuster ses dépenses pour refléter le choix de société, était-il légitime de se priver de dix fois ce montant (47 milliards $ depuis 2000) en accordant des baisses d’impôt aux mieux nantis ? Je me, et vous le demande…

La hausse des frais de scolarité relève donc de l’idéologie d’un gouvernement qui tente tant tant bien que mal de semer la confusion autour de chiffres pour mener à terme des choix politiquesidéologiques appuyés sur des principes moralisateursdela “juste part. Mais quelle est-elle cette juste part si elle est malléable selon qu’il s’agisse soit d’une population votante, scolarisée et aisée ou alors d’une population non-votante et peu scolarisée faute de moyens ? La notion de juste part est instrumentalisée pour monter la population contre un principe fondamental et reconnu (article 13): le droit à l’éducation.


Qu’on soit pour ou contre la hausse des frais de scolarité, il faut savoir que l’information véhiculée par le pouvoir en place est trompeuse et camoufle une partie de la réalité (ce qu’on appelle un mythe) pour faire avaler un choix qui n’avantage pas la majorité, et ça, c’est l’autre face de la démocratie.

Mythe: Image simplifiée, souvent illusoire, que des groupes humains élaborent ou acceptent au sujet d’un individu ou d’un fait et qui joue un rôle déterminant dans leur comportement ou leur appréciation (Petit Robert 2001 version CD Rom). (La recette de fabrication des mythes: rédaction en cours et paraîtra sous peu sur ce blogue).

L’argent ne pousse donc pas dans les arbres, non, mais il pousse! Et la richesse croît, mais c’est généralement la richesse qui attire la richesse (bien sûr, il y a des exceptions, mais je doute autant qu’un fils de millionnaire ne puisse se retrouver à la rue qu’il ne soit obligé de travailler 30 heures/semaine pendant ses études pour les payer), et les fruits de cette richesse retombent toujours près de l’arbre qui les a produits, là où la richesse est déjà présente. J’omets volontairement la référence pour ce dernier propos, constatez par vous-même.

Finalement, puisqu’il faut au moins la mentionner, pensez-vous que j’aurais eu le temps de faire cette recherche, de me poser des questions et d’y trouver des réponses appuyées si je n’étais pas présentement en grève ? Quoiqu’on en dise, c’est un beau moment, ce temps d’arrêt, pour réfléchir et remettre en question ce qui sonne faux…

En tout dernier lieu, de grâce, si lire ce texte vous choque parce que vous avez des sources fiables qui disent le contraire ou qui nuancent ce que j’avance, EXPRIMEZ-VOUS ET FAITES-M’EN PART SUR LA PLACE PUBLIQUE (ou en privé si cela vous gêne), il n’y a rien de plus légitime qu’un débat d’idées pour faire faire avancer les choses et faire ressortir la vérité dans ce fouillis de désinformation, et le but c’est de confectionner un monde meilleur, pas d’avoir raison!

Mon idéologie, c’est la vérité, pas une construction de cette dernière.

Sources: 

-Conseil du Patronat du Québec: www.cpq.qc.ca/assets/files/memoires/…/0403universitesfinanc.pdf

Il est intéressant de constater que même une institution réputée tel le Conseil du Patronat peut véhiculer des faussetés si facilement réfutables par un simple étudiant comme moi! 
- Pacte international des droits économiques, sociaux et culturels, Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme http://www2.ohchr.org/french/law/cescr.htm

- Ratifications : http://treaties.un.org/Pages/ViewDetails.aspx?src=TREATY&mtdsg_no=IV-3&chapter=4&lang=fr

- Comité consultatif sur l’accessibilité financière aux études: http://www.cse.gouv.qc.ca/fichiers/documents/publications/ccafe/50-1123.pdf

- OCDE, Regards sur l’Éducation, Les indicateurs de l’éducation 1998, page 195. Ministère de l’Éducation du Québec. http://www.mels.gouv.qc.ca/sections/publications/publications/SICA/DRSI/bulletin_13.pdf

- http://www.cyberpresse.ca/international/europe/201201/30/01-4490704-angleterre-baisse-des-inscriptions-a-luniversite-apres-la-hausse-des-frais.php 

- Ministère de l’éducation, apport 2008-2009 de l’AFE aux pages 7, 22 et 28. http://www.afe.gouv.qc.ca/CONTACT_UC/Publications/AFE/PUBL_Rapport_statistique_2008_2009.pdf

- Un plan de financement des universités équitable et équilibré: http://www.budget.finances.gouv.qc.ca/Budget/2011-2012/fr/documents/Education.pdf

- http://www.crepuq.qc.ca/spip.php?article902 

- http://www.iris-recherche.qc.ca/wp-content/uploads/2011/11/brochure-faut-il-vraiment-augmenter.pdf 
- http://www.iris-recherche.qc.ca/wp-content/uploads/2011/06/note_fiscalit%C3%A9.pdf

- http://www.elections.ca/content.aspx?section=res&dir=rec/part/estim/38ge&document=report38&lang=f

- http://classiques.uqac.ca/contemporains/quebec_commission_parent/commission_parent.html

- http://classiques.uqac.ca/contemporains/quebec_commission_parent/rapport_parent_1/rapport_parent%20_vol_1.pdf

- http://www.irec.net/upload/File/EducationAidefinanciere%20Janvier%202012.pdf 

- http://www.cirano.qc.ca/pdf/publication/2007RB-01.pdf
- http://www.budget.finances.gouv.qc.ca/budget/2000-2001/fr/communiques/com2impotfr05.pdf

- http://www.budget.finances.gouv.qc.ca/budget/2001-2002/fr/maillon/impot.htm

- http://www.budget.finances.gouv.qc.ca/budget/2005-2006/fr/pdf/PlanBudgetaire.pdf

- http://www.budget.finances.gouv.qc.ca/budget/2006-2007/fr/pdf/PlanBudgetaire.pdf

- http://www.budget.finances.gouv.qc.ca/Budget/2011-2012/fr/documents/Education.pdf

La gronde étudiante s’organise

Près de 12 000 étudiants sont déjà en grève générale illimitée. Plusieurs autres milliers collègues pourraient les rejoindre dès la semaine prochaine. Le mouvement de contestation contre la hausse annoncée de 325$ par année pendant 5 ans (pour un total de 1625$) prend les armes. La grève générale illimitée est généralement perçue comme étant l’ultime moyen de faire valoir les revendications étudiantes. Après plusieurs manifestations, tentatives de dialogue et une absence d’intérêt marqué de la part du gouvernement Charest, les étudiants se tournent vers des moyens plus radicaux.

Annoncée il y a déjà deux ans, la hausse a fait gronder la plupart des acteurs des milieux académiques (mis à par la CRÉPUQ, mais ça c’est une autre histoire). Professeurs, chargés de cours et étudiants s’entendent sur les effets néfastes que cette hausse aura sur l’accessibilité aux études.

Le débat semble malheureusement pris dans une sorte de caricature. On nous remet toujours à la gueule l’image de l’étudiant qui “vit la grosse vie” avec son iPhone et les sorties au resto et qui veut pas payer plus pour ses études. Ou encore, on fait appel à des expériences personnelles comme étant un argument béton (erreur de raisonnement : généralisation abusive). Vous savez le fameux “bien moi je paie mes études et je travaille et tout le monde peut en faire autant”. J’espère donc qu’on pourra élever le débat un tant soit peu pour se questionner sur la logique à l’oeuvre derrière cette hausse et les conséquences à long terme que cela risque d’engendrer pour la société au complet, pas seulement les étudiants.

Pour commencer ce rehaussement du débat, je me propose de partager, au cours des prochaines semaines, certains textes, vidéos et études qui présentent des arguments articulés et pertinents au sujet de la hausse des droits de scolarité.

Vidéo tiré du site web Bloquons la hausse.

Pute téléphonique

Il ne s’agit pas d’une annonce pour une ligne téléphonique aux tendances peu catholiques. “Phone Whore” est plutôt le nom d’une pièce de théâtre présentée par Cameryn Moore la semaine dernière. L’ambiance du chaleureux Théâtre Mainline était parfaite pour l’occasion. Malgré les sièges vides lors de la représentation finale du dimanche soir, on se sentait bien à l’aise. Jusqu’à ce que le téléphone sonne…

“Hi, it’s Lisa.” S’en suivent des paroles mielleuses, prévisibles, des descriptions physiques impossibles (32HH ?!?!?) et autres éléments essentiels à une partie de jambes en l’air… au téléphone (et avec un inconnu). Au delà des moments parfois drôles, parfois choquants dans les appels que reçoit Lisa, c’est sur les réflexions de Cameryn qu’il faut porter son attention. Il faut aller plus loin que les statistiques maison sur les fantasmes BBC (n’égale pas British Broadcasting Corporation) et tendre l’oreille aux questions d’inceste, d’emploi précaire, de fantasmes, de mondes imaginaires, d’exploitation et de féminisme. Avec un tel nom, la pièce a certainement le potentiel d’accrocher de nombreuses personnes. La plupart seront surpris, voir choqués par ce qu’ils apprendront tout au long de cette pièce, majoritairement basée sur l’expérience personnelle de Cameryn.

Malgré quelques moments inconfortables où l’audience avait envie de rentrer dans le plancher, la pièce frappe. On nous pousse à réfléchir sur notre conception de la sexualité, de ce qui est “bien” ou pas dans cette sphère. Des mécanismes de justification, des raisonnements tordus et des cicatrices ouvertes qui s’expriment dans cette industrie du sexe téléphonique. On se surprend à juger, à exposer nos préjugés et à finalement laisser aller. Parce qu’on ne pose jamais la question, pourquoi voit-on le sexe téléphonique (payant) de façon si répugnante dans notre société?

L’abattage des chevaux reprendra sous peu aux É-U

L’abattoir de Cavel West, OR incendié en 1997 par le ALF. Source : EmptyCagesFullForests.com

En novembre dernier, le président Obama a signé (électroniquement!) une loi qui lève le moratoire sur l’abattage des chevaux aux États-Unis. Ce moratoire avait été instauré en 2006 et le dernier abattoir avait cessé ses activités en 2007. Depuis, les chevaux devaient être transportés au Canada ou au Mexique pour être abattus. En 2010, environ 138 000 chevaux avaient ainsi passé la frontière avant d’être tués. Ce nombre était sensiblement le même qu’en 2007, ce qui permet de croire que le moratoire n’a pas permis de diminuer le nombre d’équidés tués. La levée du moratoire permettra donc d’abattre “localement” les bêtes.

Quelques États se sont montrés intéressés à accueillir un abattoir pour les chevaux, à savoir le Dakota du nord, le Wyoming, le Montana, l’Oregon et la Géorgie. Les activistes opposé à l’abattage promettent de mener une intense campagne dans toute ville où serait bâtie de tels abattoirs. La Humane Society of the United States, particulièrement, suit de près l’évolution de la situation: on prévoit que les premiers abattoirs pourraient fonctionner dès le printemps. D’autres États comme la Californie et l’Illinois possèdent quant à eux une législation qui interdit la vente de viande de cheval sur leur territoire.

Le cheval, symbole mythique américain de liberté, n’est pas un met populaire chez nos voisins du sud. La viande est toutefois donnée comme nourriture dans les zoos et les cirques. Il faut aussi noter que nombre de chevaux utilisés pour les courses, cirques, promenade, rodéos et spectacles doivent être tués chaque année.

En 1997, le Animal Liberation Front (ALF) a revendiqué l’incendie qui avait ravagé l’abattoir Cavel West en Oregon. Les activistes du ALF suivront avec intérêt la construction des nouveaux abattoirs sur le territoire américain.

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