Les femmes plus touchées par la hausse des frais de scolarité
by M.
La hausse des frais de scolarité touchera davantage les femmes que les hommes. Pourquoi donc? La hausse de 1625$ s’appliquent à tous, sans égard à leur sexe. Le problème il est justement là, dans une politique d’apparence neutre, mais qui désavantage les femmes. Celles-ci gagnent, en moyenne, 71% du salaire des hommes. Une hausse des frais de scolarité signifie donc différents scénarios.
1. Les femmes qui travaillent et étudient en même temps devront travailler plus d’heures que leurs semblables masculins pour payer cette nouvelle huasse.
Exemple : Un étudiant gagne 13.00$ de l’heure. La hausse de 1625$ représente 125 heures de travail de plus par année. Sa collègue étudiante, quant à elle, gagne 71% de ce salaire, soit 9.23$ de l’heure. La hausse de 1625$ représente donc 176 heures de travail. Les femmes travailleront donc 51 heures de plus par année que les hommes pour payer la hausse annoncée.
2. Les femmes qui s’endettent pour étudier devront allouer un plus grand pourcentage de leur salaire total pour rembourser leur prêt que leurs semblables masculins.
Exemple : Allons-y avec une dette réaliste de 30 000$ à la fin d’un baccalauréat, remboursable sur 10 ans. Les hommes titulaires d’un baccalauréat gagnent en moyenne 57 726$ annuellement. Sur 10 ans, cela fera donc 577 260$. Leur dette de 30 000$ représente donc 5.2% du salaire total gagné. Pour une femme, elle gagnera en moyenne 41 058$/an. Sur 10 ans, cela fera 410 580$. La dette de 30 000$ représente donc 7.3% du salaire total gagné. Il s’agit d’un écart de 2.1% qui peut sembler minime, mais qui aura un impact certain sur les femmes.
3. Les mères monoparentales qui subventionnent les études de leurs enfants devront y accorder une plus grande partie de leur salaire.
Je crois que l’affirmation est claire. Si vous êtes une mère monoparentale qui ne recevez pas ou peu d’aide de votre conjoint(e), la hausse annoncée vous forcera à consacrer une plus grande partie de votre salaire au paiement des frais de scolarité des enfants. Considérant le nombre effarant de mères monoparentales qui assument seules le fardeau économique des études, la hausse représente un obstacle important à l’accessibilité aux études pour les enfants de ces mères.
(Voici une explication alternative du problème. Une hausse “neutre” d’un tarif affecte les différentes classes de manière variable. Par exemple, la hausse du coût d’électricité de 0.02$ le kw/h aura un impact plus grand sur les classes plus pauvres que chez les plus nantis. Cela s’explique par le fait que la hausse annoncée ne tient pas compte de leur revenu. C’est, de façon grossière, la même logique qui s’applique ici. La hausse des frais de scolarité touche les femmes davantage que les hommes, car elles n’ont pas les mêmes ressources financières pour payer cette hausse.)
Il est donc évident que toute hausse des frais de scolarité pénalisera davantage les femmes que les hommes. Cela est inacceptable dans une société où l’on vise la parité entre les sexes. Plutôt, il semble qu’une solution efficace soit de tendre graduellement vers la gratuité scolaire, laquelle permettrait d’atténuer au maximum les inégalités soulevées avec les modèles présentés ci-haut. En allant de l’avant aveuglément avec cette hausse, le gouvernement aggrave l’inégalité économique vécue par les femmes. Il est donc impératif de le faire reculer afin d’éviter de perdre des avancés chèrement acquises et de retourner en arrière. La hausse annoncée par le gouvernement Charest va contre l’intérêt des femmes; on ne peut qualifier cela de “politique sociale” qu’en ayant une vision particulièrement tordue de ce que constitue la société que l’on veut créer.
Sources :
http://www.csf.gouv.qc.ca/modules/fichierspublications/fichier-37-1217.pdf (p. 28)
http://wsdb.concordia.ca/about-us/official-position-on-issues/documents/2012SdBITuitionFees.pdf
http://www.bloquonslahausse.com/tout-sur-la-hausse-des-frais/femmes-et-hausse-des-frais/

Très intéressant. Je n’avais pas envisagé la situation de cet angle, mais cela est effectivement logique considérant la situation socioéconomique des femmes au Québec.. Bon billet!
Merci Marie, je me fie sur toi pour faire circuler l’information sur l’infâme réseau social (aka FB). : )
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